Publicité

Industries culturelles

26 juin 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les débats sur le budget 2006-2007 sont terminés. Mais tout ne fait que commencer pour le secteur culturel. C?est en tout cas ce qui ressort de l?intervention de Mahendra Gowreesoo, ministre des Arts et de la Culture, lors desdits débats.

En dehors de ce qui a été pour lui un exercice d?auto-congratulations, Mahendra Gowreesoo fait l?audit des réalisations et des projets du ministère. Ce qui a pour double avantage de tâter le pouls d?un secteur chroniquement laissé pour compte par les finances publiques. Mais surtout d?affiner (comme si nous n?avions pas déjà compris) la position de gouvernement sur les questions culturelles.

D?entrée de jeu, le ministre a confirmé le mariage de raison entre le tourisme et le patrimoine. Pour donner naissance aux industries culturelles. Au jeu des grandes espérances, le ministre des Arts et de la Culture voit déjà le tourisme culturel comme l?alternative au traditionnel package sea, sun and sand.

Le ministère se donne les moyens d?atteindre ses objectifs. Le palier des deux millions de touristes a pour effet qu?une charte du tourisme culturel a été commandée par le ministère. Dans la foulée, une étude du potentiel des industries culturelles, réalisée avec le concours de l?Unesco est aussi sur le feu.

Nous ne pouvons que nous réjouir. Tout ce qui peut aider à rénover et maintenir en état un patrimoine passablement délabré est bienvenu. Mais quel en sera le coût ? Verrons-nous les sites témoins de l?histoire réduits à n?être que des restaurants et des boutiques de souvenirs.

Sur cette lancée, le ministre annonce des amendements tous azimuts aux lois régissant le patrimoine. Ainsi, le National Heritage Fund Act, l?Aapravasi Ghat Trust Fund Act et le Morne Trust Fund Act seront revus.

Fidèle à son passé de chef d?entreprise (cela tombe bien, le budget a identifié les PME comme l?un des moteurs de la création d?emplois), le ministre a réitéré la conviction de son ministère que le salut des artistes qui veulent vivre de leur art, tient avant tout à leur esprit d?entreprise.

Pour cela, deux solutions : avoir recours à l?Assistance scheme for artists. Mahendra Gowreesoo a précisé que pour l?année financière 2005-2006, des subventions totalisant Rs 1, 2 millions ont été allouées aux artistes pour la production de disques, de livres et la tenue d?expositions. Mais la portée réelle de ce chiffre ne peut être mesurée sans savoir combien d?artistes en ont bénéficié et quel type de retour (nous ne parlons pas là de profits), ces Rs 1, 2 millions ont généré.

Deuxième solution : la formation. Depuis mai, le ministère des Arts et de la Culture s?enorgueillit d?un centre de formation artistique à Paillotte. Le ministre a annoncé que 1 400 personnes ont exprimé leur intérêt pour les cours offerts (peinture, photo, pyrogravure, ravanne, dessin?). Mais il est encore tôt pour en retirer les résultats. Ce n?est que quand les premières cuvées seront sur le marché du travail que l?on pourra commencer à mesurer l?effet du centre.

Et le piratage dans tout cela ? Le discours mentionne des amendements au Copyright Act et l?introduction d?un nouveau Films Act.

Publicité