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Maurane en chant?pagne
Chiche ! On voulait du champ. Maurane nous a donné l?ivresse. La chanteuse ? ou faut-il dire la comédienne tant elle vit ses textes, les interprètent de la voix, du geste et de la grimace ? est de celles qui aiment les paris. Et qui savent élégamment relever les défis.
C?était mardi au Mahatma Gandhi Institute. La ronde dame de la chanson, ?Je revendique la rondeur sous toutes ses formes?, nous avait-elle dit la veille du concert, n?a pas un mince filet de voix. Mais une des voix-volcans qui, quand elle se réveille, tutoie Nougaro, Brel, Céline Dion, le ?golden man? ( comprenez Jean-Jacques Goldman) et les Blues Brothers.
Et si après cela, on a encore du vague à l?âme, Maurane assure le service, en versant quelques coupes. Comme cela. Juste parce que c?est la fin d?une petite tournée calée entre deux grosses. Juste parce que la veille, des journalistes taquins le lui ont demandé.
Dans les bulles : son meilleur cru, servi par son ?orchestre philarmonique préféré? : le piano ? guitare qui l?accompagne pour ce tour de chant baptisé Au milieu 2. Au milieu des différentes humeurs du spectacle ( toutes bonnes), c?est Maurane qui se raconte.
Retrace un parcours fait de chansons à texte magnifiques et de titres faits pour danser. Du Bidonville de Nougaro à L?un pour l?autre, en passant par Tout pour un seul homme, Maurane rit et danse. Se moque gentiment du chikungunya et décrispe un public réputé timide. ?J?ai écrasé un moustique dans ma loge, il ne m?aura pas, il ne vous aura pas, c?est vrai je mérite des applaudissements pour un tel exploit.?
Maurane en chant?pagne, c?est aussi ce magique moment impromptu (à quel point l?était-il vraiment, car ne dit-on pas que les meilleures improvisations se travaillent ?) avec ?l?ami? Triton. Et le bluesman mauricien, qui a fait la première partie de Maurane au Casino de Paris, de monter sur scène. Pour un ?b?uf? d?enfer et d?émotions.
à nouveau ?seule?, la chanteuse, adepte de la parodie en diable n?hésite pas à se moquer de son propre ?ré-per-toi-re?, avec cette mémorable leçon d?articulation sur le refrain de L?un pour l?autre. ?Séparé (4), on ne le pourra jamais, oh non, on ne pourra jamais les séparer?, à articuler en remplaçant à tout de rôle avec les son ?i?, ?oin? ou ?on?. Des grands moments à se tordre de rire tout en essayant de chanter. C?est simple, c?est sain et ça marche à tous les coups. Au point où après une standing ovation et deux rappels, le public ne veut toujours pas se séparer d?une chanteuse qui nous aura tout fait, sans jamais avoir Tout faux.
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