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Bérenger déplore l’absence de prévisions économiques
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Bérenger déplore l’absence de prévisions économiques
Si le leader des Mauves se réjouit que le gouvernement ait changé d’attitude en ce qui concerne l’imposition de taxes sur la Lump Sum, sur les frais d’examens et sur le School Feeding Programme (SFP), il se montre plus sévère en ce qui concerne les autres mesures du budget 2006-2007, adopté vendredi. Lors d’une conférence de presse à l’hôtel Le Labourdonnais, Port-Louis, samedi, le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, a en effet mis en avant ce qu’il considère comme les lacunes de l’exercice présenté par le ministre Sithanen, dont l’absence de prévisions économiques.
Ce dernier, estime en effet le leader du MMM, “a voulu faire croire que la dotation budgétaire relative au SFP était incluse dans le budget des écoles de la Zone d’éducation prioritaire (ZEP)”. Rien de plus faux, martèle Bérenger, car le budget relatif à ces établissements est resté le même. “Je considère qu’il fait preuve d’un manque d’humanité”, dit-il, précisant que “c’est un budget à la Fonds monétaire international (FMI)”. En outre, malgré l’insistance de l’opposition, note Bérenger, le ministre des Finances a refusé de revoir trois choses : le préavis de deux ans avant l’extension de l’âge de la retraite à 65 ans, l’imposition d’une taxe de 5 % pour les jeunes couples qui achètent une maison pour la première fois et le subside sur la farine.
Le leader du MMM se dit aussi choqué que le ministre des Finances n’ait avancé aucune prévision économique concernant le taux d’inflation, le chômage, l’investissement, le déficit commercial, le Foreign Direct Investment et les réserves en devises étrangères. Il donne rendez-vous au ministre dans trois à six mois pour qu’il communique l’évolution des paramètres économiques.
Le leader du MMM demande, d’autre part, au ministre des Finances de circuler le Finance Bill aux parlementaires et aux syndicats avant que les débats soient engagés au Parlement. A son avis, ce projet de loi sera “très compliqué ” car il devra inclure le nouveau système de taxation relatif aux lopins de terre et à l’impôt sur les revenus. Il pense également que la National Residence Property Tax reviendra aux citadins entre deux et quatre fois plus cher que ce qu’ils ont l’habitude de payer aux mairies.
Parlant des facilités offertes aux étrangers, le leader du MMM dira que “bientôt nu pu étranger dans nu prop pei”. Il critique aussi le système de silent agreement permettant à un investisseur de démarrer son projet avant même d’avoir tous les permis. “Maurice est un petit pays, vulnérable aux problèmes de santé et d’environnement. Peut-on se permettre d’aller dans cette voie ? Je pense que c’est une recette pour la catastrophe”. Pour l’ancien PM, la situation est grave sur le terrain. “Le mood dehors bien mauvais. Zot pe gagne sentiment that they are being cheated”. Toutefois, contrairement au Mouvement socialiste militant (MSM), le MMM ne réclame pas pour le moment le départ de Rama Sithanen.
Il a profité de ce point de presse pour mettre les points sur les “i” suite à une récente déclaration qu’il a faite au Parlement à propos de ses relations avec Ashock Jugnauth, leader de l’Union nationale. Il avait évoqué une alternance au gouvernement actuel. Or, il n’y aucune urgence à conclure un accord électoral dans l’immédiat, précise Paul Bérenger. “Mo ti dire sa tongue in cheek. Mo ti dir ‘My very good friend Ashock Jugnauth and his newly created party’. Après un instant, j’ai ajouté ‘anybody else who puts Mauritius first’”, affirme-t-il en esquissant un sourire. Il dit qu’il a fait cette déclaration “pu met un peu piment”.
Il ajoute toutefois qu’il n’est pas exclu que le MMM et le MSM travaillent ensemble à l’avenir. Il dira aussi qu’il rencontre assez souvent Ashock Jugnauth pour “compare notes”. Cela ne veut pas dire qu’on va vers un accord électoral. “Il n’y a aucune urgence pour le moment”, dit le leader du MMM.
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