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ARTerre, l?art au chevet de la terre
Lâché à Tamarin, chacun choisit son coin. Installé du côté de l?embouchure, un homme est venu à la montagne. C?est Vaco Baissac qui se saisit du Rempart.
Plus loin, les pieds dans le sable, Sheetul Goorah explique son concept. Celui auquel elle ?pense depuis une semaine à la maison?. Dans le bruit des vagues, nous retenons quelques éléments : un éléphant, un paon, des feuilles de henné, symboles de fertilité.
Au préalable, Sheetul Goorah nous informe qu?elle revient de Cape Town, où elle a obtenu un BA Fine Arts et qu?elle est en partance (à la mi-juillet) pour un Master en peinture dans la Grande Péninsule. Pareil CV n?efface pas une question persistante : pourquoi Sheetul Goorah participe-t-elle à un atelier sur le paysage à Tamarin (où la spontanéité nous semble de rigueur), si elle est barricadée derrière un concept ? Mais ne préjugeons pas du produit fini. L?exposition des travaux nous réserve peut-être des surprises.
Coup d??il par-dessus l?épaule de Véronique Christine. Parfaite antithèse. Les racines d?un ?pye lakokliss? lui font penser à une ?ourite?.
Sympathique compagnonnage
Direction le village. Dans le tournant devant l?église, Fabien Cango et Nirmala Luckeenarain ont posé leurs chaises en face des Salines. Sympathique compagnonnage. Ensemble ils avalent des bouffées de fumée des pots d?échappement. Se racontent des anecdotes. Des enfants s?arrêtent pour regarder. Les artistes tissent un lien avec le village, entrent dans une boutique, demandent s?ils peuvent y laisser leurs affaires le temps de déjeuner. C?est aussi cela le partage, faire confiance spontanément.
Même élan chez Yves David, qui manque de compagnie. C?est qu?il est bien seul dans le terrain en épierrage (en bordure de route) où il a planté son chevalet, à l?abri d?un parasol. Il n?est pas encore midi. Yves David a pratiquement fini. ?e fais un tableau en quatre heures?, dit-il sans coquetterie. Autour de lui, des camions soulèvent de la poussière. Un marteau piqueur perce le ventre de la terre. ?Quand je peins, le monde s?arrête.?
Son coin, Yves David y tient : ?En face, c?est la Tourelle de Tamarin. Devant, vous avez ces arbres qui sont comme des personnages. C?est un paysage tout cuit. L?art du paysage est en train de se perdre, personne ne va plus sur les sites pour peindre.? Cet ?ancien? avoue ne pas comprendre. ?Je suis invité, je croyais que d?autres allaient me suivre et que nous aurions l?occasion de partager. On a toujours à apprendre, surtout des plus jeunes?.
A la mi-journée, les artistes se retrouvent au kiosque. Le ?MC? Krishna Luchoomun, note que Roger Charoux ?a fait savoir qu?il ne venait pas, que Geneviève Le Clézio est rentrée parce qu?elle est un peu fatiguée?.
Après quelques verres d?eau, les langues se délient. On parle du pain qui ne sera plus distribué systématiquement dans les écoles. Fabien Cango raconte comment il mange son pain rassis jusqu?à la dernière miette, parce qu?il ne faut rien jeter par ces temps difficiles. Il engage ensuite la conversation avec Sheetul Goorah, sur le sujet de la maîtrise du dessin. La jeune demoiselle d?assortir plusieurs de ses phrases de ?Moi, à l?université je?? Après l?avoir écoutée, Fabien Cango lâche : ?J?ai pas fait l?université, j?ai fait la route.?
ATELIER DE PAYSAGES
ARTerre, comment ça marche ?
■ Ambition de l?atelier : être « comme un trait d?union entre le ?nouveau? et ?l?ancien? ». Réunir des plasticiens de diverses générations autour du paysage, durant deux week-ends. C?était les 17 et 18 juin à Tamarin et les 24 et 25 juin à Eureka.
Autour d?artistes synonymes de tradition de la peinture de paysage (Roger Charoux, Vaco Baissac, Fabien Cango, Genevieve Le Clezio et Yves David), des ?modernes? ont été sélectionnés après appel à candidature (que des filles : Sheetul Goorah, Florian Grosset, Sultana Haukim, Gaetree Daby Chummun et Véronique Christine). Ajoutez à cela les membres de l?association pARTage, (Nirmala Luckeenarain, Nirveda Alleck, Nirmal Hurry et Krishna Luchoomun).
Objectif fixé : ?agir comme catalyseur dans l?unification espérée des différentes écoles de pensées?. Durant l?atelier, le matériel de base, le repas et le logement (pour ceux qui le souhaitent) sont fournis par pARTage. Samedi 1er juillet aura lieu une conférence publique au centre Charles Baudelaire sur le thème : Landscape today and tomorrow. Place à l?exposition des ?uvres réalisées durant cette période, du 7 au 15 juillet à l?Alliance française.
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