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Désolé, l’arbitre n’a pas vu…

19 juin 2006, 20:00

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Dans le fond, mais dans le fond seulement, la Fifa a raison. Le football doit garder un visage humain. Or, l’erreur humaine fait justement partie du jeu.

Des polémiques liées à l’arbitrage sont nées deux des plus belles légendes de la Coupe du monde.

La première a permis à l’Angleterre de monter sur le toit du monde en 1966. On sait aujourd’hui, trente ans après, que le deuxième but de Geoff Hurst en finale, face à l’Allemagne, à Wembley, n’aurait jamais dû être validé puisque le ballon n’avait pas franchi la ligne.

La seconde a contribué à faire de Diego Maradona un mythe de son sport. Sa fameuse «Main de Dieu», qui élimina l’Angleterre en quart de finale du mondial mexicain de 1986, est très certainement la plus célèbre anecdote du football contemporain.

Est-ce bien suffisant toutefois pour justifier l’injustifiable ? Evidemment non.

Le football, opium du peuple, déchaîne aujourd’hui de telles passions, fait naître de tels enjeux qu’il est surréaliste de penser qu’un match puisse être faussé parce que monsieur l’arbitre n’a pas bien vu.

Les ralentis de télévision, souvent cruels, nuisent de plus en plus sérieusement à la crédibilité des arbitres en même temps qu’ils font émerger de profonds sentiments d’injustice.

Les technologies, multiples et perfectibles, permettraient pourtant de réduire pratiquement à zéro les risques d’erreurs en même temps qu’elles élimineraient les éternelles et embarrassantes confusions sur l’interprétation du hors-jeu et des tâcles.

La Fifa, qui s’obstine à composer dans la bêtise, doit, aujourd’hui, comprendre qu’elle n’a plus vraiment le choix. Le recours à la vidéo n’est pas seulement souhaité. Il est exigé !

Hier, nous avons tous vu, sauf l’arbitre, comment le défenseur suisse Patrick Müller s’est grossièrement débarrassé de l’attaquant togolais Emmanuel Adebayor en pleine surface. Il y avait penalty. Il aurait permis au Togo d’égaliser à 1-1. La Suisse a gagné 2-0.

Dimanche, nous avons tous vu, sauf l’arbitre, que la ballon avait bel et bien franchi la ligne sur un beau coup de tête de Patrick Vieira. Il y avait but. Il aurait permis à la France de mener 2-0. La Corée du Sud a arraché le nul 1-1.

La Côte d’Ivoire, le Japon et Trinidad-et-Tobago quitteront eux aussi l’Allemagne avec le sentiment d’avoir été lésés.

Mais la Fifa s’en fout. Elle s’en tient à sa logique à deux sous : l’arbitre a toujours raison, même quand il a tort…

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