Publicité
La vente du whisky local en chute libre
Kevin est dépité. Ses sorties et fêtes entre amis se feront sans whisky local. ?Le prix des marques embouteillées localement sont de plus en plus hors de portée après les impositions fiscales du budget 2006-2007?, se lamente-t-il. Les gérants de boutiques et supermarchés l?avouent : une chute importante est attendue dans les ventes, tant dans les boutiques que dans les supermarchés. Ceux qui misent sur un chiffre d?affaires découlant de la phase finale de la coupe du Monde se rongent les doigts.
En une année financière, explique Bernard Ah-Ching de la chaîne de supermarchés Winner?s, 25 % des consommateurs se sont rabattus sur des boissons alcoolisées d?une gamme inférieure, telles que rhum ou eau-de-vie.
La tendance risque de s?accentuer avec la grille d?impôts que propose le ministre Sithanen. Les droits d?accise, par souci d?harmonisation aux normes de l?Organisation mondiale du commerce, sont passés àRs 900 par litre absolu d?alcool ou Rs 600, si l?importation se fait en vrac. Du coup, les prix ont subi une nouvelle majoration : de Rs 50 à Rs 71 pour les 700 ml et de Rs 119 à Rs146 pour le litre.
?Nous nous attendons à une chute de 15 à 25 % dans la consommation de ces whiskies. En deux ans, 50 % des clients auront déserté les rayons du whisky local?, commente un directeur d?une grande chaîne de supermarchés. De son côté, Ignace Lam, d?Ebène Way, raconte que ses ?ventes ont baissé de 30 % immédiatement après le discours budgétaire?.
?Je n?ai même pas vendu une bouteille?
Seuls les hypermarchés Jumbo Score et la chaîne Spar sauvent la mise. Le prix de ces boissons reste inchangé, en attendant que le précédent stock soit écoulé. Le directeur général, Jean-Raymond Semaesse, fait état d?une politique de ?transparence? qui lui assure une ?survente?. ?Les clients se ruent dessus pour constituer leur stock en attendant la hausse sur la nouvelle cargaison?, explique-t-il.
Dans les régions rurales, le whisky a, quelque part, un statut de luxe. D?habitude, les gens n?en achètent que pour les fêtes familiales, anniversaires ou mariages. La hausse des prix risque de freiner davantage la vente, affirme Rajesh Bysooa, secrétaire de la Shop Owners? Association, instance qui regroupe 2 500 boutiquiers, dont 60 % en zone rurale. ?Depuis le budget, je n?ai même pas vendu une bouteille de whisky embouteillée localement?, affirme-t-il.
Alors que la vente du whisky se fait déjà au compte-gouttes, ce sera au tour des cane spirits tels que le rhum blanc et les marques comme Seven Seas et Deluxe de ne plus avoir la cote auprès des consommateurs. Rajesh Bysooa explique que les gens ?hésitent maintenant à s?en procurer?.
Le prix du Goodwill (750 ml) a augmenté de Rs 11. Le White Diamond se vend à Rs 9,50 plus cher à la bouteille. ?Il est connu que le rhum se vend en petites quantités dites topettes. Même là, avec une topette à Rs 7, le consommateur fuit vers d?autres boissons?, ajoute encore Rajesh Bysooa. A défaut de se payer des rasades de spiritueux, ces consommateurs optent pour le vin bon marché, fabriqué localement.
A ne pas se leurrer non plus. Les accros de la bouteille continueront à s?abreuver au goulot. Quitte à boire à crédit, aux frais du boutiquier du coin, ou au détriment de sa santé. Alors que l?Etat engrange un maximum pour financer ses projets de développement.
Publicité
Publicité
Les plus récents