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Les syndicats qui boudent

11 juin 2006, 00:00

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Il règne au siège de l?Organisation pour l?unité des artisans (OUA) une certaine appréhension. La dizaine de syndicalistes présents ? qui avaient décidé de boycotter la présentation budgétaire en ne se rendant pas au Parlement ? ont tous les yeux rivés sur l?écran d?une télévision.

À l?image, le ministre des Finances, Rama Sithanen, s?attelle à la présentation de son budget pour l?année 2006-2007. Au fur et à mesure que celui-ci énumère les différentes mesures budgétaires, les syndicalistes griffonnent sur leurs carnets. Mais une annonce vient rompre le silence. Celle qui repousse l?âge de la retraite de 60 à 65 ans. « To pou bizin renvoy date to voyaz pour to retraite », chuchote un syndicaliste à l?oreille de son confrère.

Une mesure incomprise des syndicalistes qui estiment que le gouvernement a failli à ses obligations sociales. « Cette mesure est contradictoire. Le gouvernement repousse l?âge de la retraite alors qu?il aurait dû se concentrer sur la création d?emplois pour faire reculer le chômage. Au lieu de cela, il décide de fermer la DWC et de mettre des centaines de travailleurs à la porte », fulmine Deepak Benydin, président de la Fédération syndicale des corps constitués, qui estime que cet exercice budgétaire favorise le secteur privé.

Une réaction partagée par l?ensemble des syndicalistes lorsque Rama Sithanen annonce la fermeture du garage de la police. La décision de confier la maintenance des véhicules de l?État à des entreprises privées est aussi décriée. « Il est clair que ce budget fait la part belle au secteur privé, au préjudice des employés du secteur public », souligne Toolsiraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil.

La mise en place du National Wage Council n?est pas pour les ramener à de meilleurs sentiments. « C?est très grave, car cela signifie la fin des tripartites comme nous le connaissons aujourd?hui », laisse échapper Yusuf Sooklall, président de la Free Democratic Unions Federation. Et d?ajouter que le gouvernement s?engage ainsi « dans une confrontation sans dialogue ».

Tous sont unanimes : l?État a refusé d?écouter et d?entendre la voix de quelque 400 000 travailleurs. « Nous mettons par ailleurs en garde les syndicalistes qui ont l?intention de siéger sur cette structure », prévient pour sa part Atma Shanto.

« Budget humiliant pour les plus pauvres »

Les syndicalistes, passablement irrités par certaines des mesures annoncées par Rama Sithanen, ont toutefois bien accueilli la création de la National Residential Property Tax. Une initiative qu?ils jugent « appropriée » et qui vient « rééquilibrer » les inégalités qui existent entre les villes et les villages.

Loin d?être avares en commentaires, ils précisent toutefois vouloir étudier le discours budgétaire en détail avant de faire part de leurs commentaires lors d?un point de presse qui sera organisé ultérieurement. Les visages, sévères, laissent entrevoir une certaine déception face à un budget qu?ils jugent « humiliant pour les plus pauvres ». C?est dans un silence teinté d?amertume qu?ils se séparent à l?issue du discours du grand argentier.

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