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9 juin 2006, 00:00

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Le mot d’ordre, à l’approche du budget, c’est qu’il est nécessaire de se serrer la ceinture et le citoyen moyen, souvent sans moyens, se pose quelques questions : primo, cette mesure n’est-elle pas discriminatoire en faveur des porteurs de bretelles ? Deuxio, quid de ceux qui limitent l’usage de cet accessoire au port de la ceinture de sécurité ? Troisio, que deviennent les dames déjà à demi asphyxiées dans leur corset et qui se demandent dans quelle guêpière elles sont allées se fourrer? Quatro, comment traiter la ceinture de chasteté qui n’est plus, depuis peu, à l’abri de la clé ou d’un coup bas ? Cinquo, quel régime adopter en république bananière : celui du gingeli, de la grande naine ou de la mamzelle locale, ainsi appelée parce qu’elle est sans baba ?

Et cette astreinte au régime qui évoque un serrage de la taille propre à me réduire en homme-tronc, ne serait-elle pas une simple façon de glisser une peau de banane sous mes tangas pince-pouce de contribuable ?

Pour moi, cette perspective de supprimer deux crans au cuir qui me ceint, ne m’affecte pas le moral. Quant au physique, il y a des années que je suis les directives des téléphonistes bien coiffées de Port-Louis (les “permanentes” secretaries) qui m’enjoignent à chaque allo de garder la ligne.

L’ardent patriote pense immédiatement aux économies que pourraient faire les autres, à commencer par l’État. Une suggestion déjà annoncée concerne le fait de couper l’électricité, idée lumineuse préconisée par notre leader lui-même. Cela a toutefois l’inconvénient de garantir l’opacité à ceux, nombreux, qui travaillent dans l’ombre ou qui bossent au noir. Interrompre la clim en hiver a aussi ses chauds partisans qui établiraient ainsi qu’au service civil, il n’y a pas que les secrets qui transpirent.

Par ailleurs, malgré le gain dû à la disparition du Concorde, la majorité du public opterait pour la suppression des voyages ministériels, sans songer que ce qu’on reproche à ces messieurs, ce n’est pas tellement de partir, mais de revenir. Voilà, entre autres, pour les dépenses. Mais pour les revenus ? On a parlé d’une taxe sur la respiration à être appliquée par une “Breathing Authority” qui ratiboiserait les gros poumons et les gars de la narine et cela aurait l’avantage additionnel de pousser les parlementeurs à économiser leur souffle.

Mais comment boursoufler encore plus les recettes ? Une idée m’étant venue, j’ai pris mon insup-portable et ai appelé un ami ponctionnaire qui monnaye ses loisirs en s’asseyant au bureau. Rassurez-vous, ce n’est ni le conseiller moustachu de Cro-Magnon ni Buddy long legs : le mien est sans attributions spécifiques ou, pour employer une expression moderne, il est duty-free. Mais comme il est le cousin par alliance (sociale, bien sûr) du beau-frère de l’oncle de so mama mo tantine, il est dans le secret des odieux.

Croyant que ma demande avait trait à l’art culinaire, il m’a révélé que, pour ce qui est des recettes, on envisage le coq au vin du Parti Mauricien Sans Duval alors que les Xaviéristes sont déconfits, les boucheries chevalines n’existant pas à Maurice, même dans un régime sans selle.

Si j’étais grand argentier, hypothèse hardie, je ne saurais pas par quel boute le prendre, ce budget. Outre les implications financières, il faut aussi concilier p’tit nation, grand nation et stag-nation. Je ne m’en fais pas trop ayant connu les pires sacrifices du temps de Ringo, le Père de la Ration, mais j’ai quand même tendance à classer, en ordre de preférence, les sévices budgétaires bien après le vecteur du chikungunya qui a au moins le mérite de ne pas vous piquer votre portefeuille.

VOLCY

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