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Passion contagieuse

8 juin 2006, 00:00

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C’était il y a vingt-quatre ans. Déjà. Souvenir impérissable.

Aujourd’hui encore, les images se bousculent.

Sur la couverture de mon album Panini, le vert prédominait. Ecrit en blanc, en “font” gothique, “Espanä 82”. Au bas, un petit bonhomme en forme d’orange faisait office de mascotte.

Ne me demandez pas son nom, je ne m’en souviens plus. Ce dont je suis certain, c’est qu’il était bien plus original, bien mieux soigné que Goléo, l’horrible lion que nous ont sorti les Allemands cette année.

En pages intérieures, le monde merveilleux des vignettes. Près de 600 à collectionner pour s’imposer comme le maillon fort de la classe.

A l’époque, les pochettes ne s’achetaient pas. Elles s’échangeaient contre des bouchons de Pepsi. Il y avait toutefois, dans mon cas, un obstacle majeur. Convaincre mon bon vieux papa de troquer son traditionnel Coca pour une gazeuse moins familière.

Le troc, ça se passait aussi à l’école où les maîtres chanteurs étaient généralement nombreux. Si mes souvenis sont bons, les écussons étaient de loin les plus prisés. Sans doute parce qu’ils étaient cousus d’or. Pour l’Angleterre, la France ou le Brésil, il fallait sortir la lourde artillerie.

Côté joueurs, Kevin Keegan avait la cote. Il valait cinq vignettes à lui seul. Pour Karl-Heinze Rummenige, Michel Platini, Paolo Rossi ou encore Zico, deux ou trois vignettes pouvaient faire l’affaire si on avait la main heureuse.

Cette première collection d’un album Panini a été, dans mon cas, une douce ouverture sur une passion aujourd’hui débordante pour le football.

Vingt-quatre ans après, rien n’a vraiment changé.

J’ai évidemment passé l’âge de coller vignette après vignette, mais je me félicite de savoir que la plus jeune génération a pris le relais. Avec le même enthousiasme, la même énergie, la même curiosité.

Car l’album Panini, c’est aussi un peu l’école du savoir. On y apprend toutes les langues du monde.

Du haut de mes huit ans, je m’amusais, en 1982, à prononcer à longueur “Jugoslavija”, “Ceskoslovensko”, “Polska”, “Magyarorzag”, en lieu et place de Yougoslavie, Tchécoslovaquie, Pologne et Hongrie.

Entendre mes neveux me balancer “Hvratska” plutôt que “Croatie” m’a forcément ramené vingt-quatre ans en arrière.

Puisse la tradition se perpétuer à jamais.

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