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Souffle chaud et froid pour ?Kor, la maison du vent?
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Souffle chaud et froid pour ?Kor, la maison du vent?
Le rideau n?était pas encore tombé, que des spectateurs étaient déjà debout, se dirigeant vers la porte de sortie. On nous avait pourtant prévenus : Kor, la maison du vent est un spectacle sans histoire véritable, mais qui tisse des liens. Qui communique des messages. Qui se rapporte à la mémoire, au passé et à la danse. Prêtant l?oreille après le spectacle, nous remarquions malgré tout, qu?une partie du public s?en est allée, déçue de n?avoir ?rien? compris. L?art conceptuel serait-il autant incompris chez nous ?
La troupe réunionnaise Talipot était sur la scène du Théâtre de Port-Louis samedi soir pour une unique représentation de Kor, la maison du vent. Un spectacle époustouflant. D?une rare intensité. Un spectacle qui sème autour de lui, un certain malaise. Celui de transmettre le sentiment de passer à côté de l?essentiel.
Les messages étaient multiples. Les diverses formes d?art aussi. Un écran géant diffusait des images fraîches des acteurs en pleine expression corporelle. Mélange de danse, de dialogues forts en symbolisme et de vidéo. Devant nous, trois danseurs accaparaient la scène : Thierry Moucazambo, Prema Santhanagopal et Raveendrane Peringaden Sankuru. Trois identités. Trois corps qui soufflent de diverses manières.
Entre inspire et expire, Kor la maison du vent nous indique qu?il existe de multiples histoires. Celle des liens. Celle des fraternités. L?homme inspire et expire. Il respire peut-être 21 600 fois par jour. Ce qu?il ne réalise pas toujours, c?est qu?autour de lui, fourmillent des hommes, qui respirent aussi. Des hommes qui peuvent être liés à lui. Des parcelles de sa famille, pourquoi pas ?
Thierry Moucazambo nous illustre cette facette. En récitant une liste de noms. Une liste d?hommes qui finissent toujours par se retrouver liés aux autres. L?arbre généalogique s?effeuille comme cela. Si nous renions ces liens, nous risquerons bien de suffoquer. Affectant toute la détresse du monde, Thierry Moucazambo laisse ses émotions transparaître de tous ses pores. Le visage ravagé. Le torse comprimé par les sentiments. Idem pour Prema Santhanagopal et Raveendrane Peringaden Sankuru.
Kor, la maison du vent, c?est aussi parler de la guerre. Le souffle et la guerre. Certains se demandent toujours d?où vient le lien. Dans le peu de dialogues qui a marqué le spectacle, nous en relevons une phrase : pendant la guerre, l?homme n?a plus le temps de souffler.
Des milliers de têtes sont tombés, durant ces guerres. Ignominies du monde. Talipot s?élève contre cela, en dansant les frustrations. Quand le souffle du corps ne communique pas assez, c?est l?instrument à vent qui parle pour lui.
Même si le public n?a pas tout compris, il aurait du repartir sur des notes pensives au lieu de crier haut et fort leur déception. C?est à travers la vidéo d?Eric Angels et les cris sonores de Jako Maron que nous cernons plus en quoi le théâtre évolue. Il s?affectionne de nouvelles voix artistiques pour mieux s?exprimer. à quand une telle entrée à l?île Maurice ?
Il serait grand temps d?apprendre à certains Mauriciens à revoir leurs connaissances. Le théâtre est si riche, si ouvert, il serait dommage de le voir vide. Certains ont eu peur de pas tout comprendre, mais ils sont venus. Pour tenter de cerner ce théâtre si complexe. Pour le plaisir du théâtre. Pour le plaisir de voir la troupe Talipot à l??uvre. Si le théâtre évolue autant, il faudrait que les esprits d?ouvrent aussi !
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