Publicité
Nouvel élan
C?est un tournant. Les Hongkongais ont retrouvé le goût d'entreprendre à Maurice. Un puissant groupe, Wing Tai Holdings, a racheté l?entreprise Corona Clothing placée sous administration judiciaire depuis l?année dernière. Le flux de départs des investisseurs asiatiques est donc inversé. Cela ouvre la porte à l?espoir pour l?industrie du textile qui a vécu une crise inquiétante à cause de l?accord multifibre.
L?arrivée de ce nouveau groupe aura un effet boule de neige. Wing Tai Holdings est un leader dans son secteur. Il réalise des opérations de confection et il possède de nombreux magasins à travers le monde dont un qui dispose d?une adresse prestigieuse au n° 1, Savile Row à Londres. La confiance qu?il place dans le savoir-faire mauricien influencera le choix d?autres investisseurs qui cherchent un environnement favorable pour la confection textile.
L?intérêt de ce groupe pour Maurice démontre que notre pays parvient, peu à peu, à acquérir la réputation d?un centre qui évolue vers le haut de gamme. Si les salaires misérables qui sont payés aux ouvriers dans certains pays n?ont pas incité Wing Tai Holdings à s?y installer, c?est qu?il a reconnu le niveau d?excellence de la main-d??uvre mauricienne.
Il est vrai que la fin de l?accord multifibre et l?hémorragie des investisseurs, notamment hongkongais, avaient donné des frissons à l?industrie locale. Certains avaient prédit la mort de la zone franche. Mais le développement survenu hier vient à point nommé pour rappeler qu?il suffit aux entreprises agonisantes de revoir leur business model pour sortir du marasme. Dans le cas de Corona, l?entreprise a la garantie d?une meilleure rentabilité maintenant qu?elle appartient à une société qui possède ses propres magasins de détail.
Le président d?Enterprise Mauritius, Amédée Darga, le répète souvent : de nombreuses entreprises rencontrent des difficultés du fait de leurs business models mal pensés. Ce n?est pas François Woo, le n° 1 de la CMT, qui dira le contraire. Cet industriel, qui vise à positionner son entreprise parmi les dix meilleures mondiales de sa catégorie, a su créer un modèle d?affaires qui ajoute de la valeur à ses opérations. Il emploie 200 stylistes et forme une centaine d?autres sachant que l?avenir de l?industrie du textile se trouve dans des marchés niches.
Comme pour démontrer que l?industrie a bien conjuré la crise, une autre bonne nouvelle a été annoncée cette semaine. Il s?agit de la concrétisation des négociations entamées avec l?Inde depuis 2003 pour une zone d?échanges préférentiels. Le textile-habillement sera parmi les premiers bénéficiaires du traité de libre- échange entre nos deux pays. Jusqu?à 1 million de pièces de vêtement pourront être expédiés chaque année vers la Grande Péninsule en franchise de douane. Un quota additionnel de deux millions de pièces pourra être écoulé hors taxes si les matières premières proviennent de l?Inde. Cela devrait attirer chez nous des investisseurs européens intéressés à produire des vêtements griffés pour le marché indien.
Il faut maintenant espérer que le cinquième Forum de l?Agoa qui aura lieu les 6 et 7 juin à Washington va également impulser un élan au secteur textile en dissipant les doutes actuels. Quelques nuages subsistent en effet car la Chine met tout en ?uvre pour que cette loi commerciale soit déclarée contraire aux dispositions de l?OMC. Un engagement fort des Etats-Unis en faveur du maintien de l?Agoa est attendu.
Pour le textile, c?est une nouvelle ère qui démarre. Les modèles qui ont été élaborés durant les années 80 ne sont plus valables. Ceux qui ne peuvent pas se montrer innovants vont l?apprendre à leurs dépens.
Publicité
Publicité
Les plus récents