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“L’Express” évoque la fête du bicentenaire
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“L’Express” évoque la fête du bicentenaire
Pour les amoureux et connaisseurs de l’histoire de Maurice, nul besoin de préciser de quel bicentenaire s’agit-il. Ce terme est, en effet, synonyme de la mémorable célébration des 200 ans de Port-Louis, en août 1935. L’événement est d’autant plus inoubliable qu’il donne naissance à l’inestimable Port-Louis, deux siècles d’histoire que son auteur, l’Auguste docteur Toussaint, considérait, la veille de sa mort encore, comme un péché de jeunesse qu’il conviendrait d’oublier. Ceux, qui doivent à ce livre leur passion pour l’histoire de Maurice, se gardent, bien sûr, de suivre ce conseil car ils savent la valeur inestimable de cette bible historique, en tant que précieuse source de références, pour ne rien dire de sa valeur marchande, lors de ventes aux enchères, de plus en plus rares.
Ce rappel de “l’express” de la mi-mai 1981 des fêtes du bicentenaire du Port Louis est d’autant plus intéressant qu’il intervient quatre ans avant le mois d’août 1985 qui aurait dû normalement connaître semblable festivité, sinon une supérieure et plus fastueuse encore. Il n’en fut rien, hélas. Les amoureux de l’histoire de Maurice et de notre cité-capitale restèrent alors sur leur faim. Quand la presse constate, à la fin d’août 1985, l’absence de toute célébration des 250 ans du Port Louis et réclame des comptes tant aux autorités gouvernementales et municipales qu’au secteur privé via ses associations bénévoles à caractère historique, le gouvernement Jugnauth-Duval de l’époque renvoie la balle au conseil municipal mauve d’alors. Le lord-maire, Nono Lee Cheong Lem, pleurniche que le gouvernement n’a alloué aucune somme en prévision de cette manifestation, pour justifier l’injustifiable, à savoir une cité ne prenant pas la peine de célébrer ses 250 ans.
Nono Lee Cheong Lem est aujourd’hui un des conseillers recrutés par le présent gouvernement Ramgoolam. Le conseil municipal du Port Louis est présentement dirigé par des politiciens de son nouveau camp politique. Un autre ancien lord-maire de la cité de Port-Louis est également conseiller au ministère de la Pêche. Il s’agit de Mathieu Laclé. L’actuel ministre des Administrations régionales, le Dr James Burty David, est trop intelligent et trop cultivé pour ne pas comprendre la portée d’une mémorable célébration, en août 2010, des 275 ans de Port-Louis. L’année 2010, année électorale en principe, coïncidera également avec le 25e anniversaire de la mort de Seewoosagur Ramgoolam. Ces célébrations doivent se préparer de bonne heure si nous ne voulons pas répéter le grossier oubli de 1985. Les conseillers municipaux d’alors n’ont sans doute pas assez pris au sérieux le rappel pertinent que fait “l’express” de la mi-mai 1981 des fêtes du bicentenaire d’août 1935. Puissent ces humbles réminiscences servir de déclic aux présents conseillers municipaux, dont un certain Jean Claude Caroopen, dont le dévouement pour sa bonne ville du Port Louis, ne fut pas suffisamment reconnu par son ancien camp politique, erreur que ce dernier paye chèrement aujourd’hui.
Le rappel des fêtes du bicentenaires par “l’express” à la mi-mai 1981, se fonde sur une revue commémorative publiée à cette occasion. Elle contient des articles d’Auguste Toussaint, de Mgr Joseph Mamet, de Lélio Michel, de Léoville L’Homme, de Savinien Mérédac, de Stylet (Selmour Ahnee), d’Albert Mallac, de Charles Guevin, de Robert Edward-Hart, de Luiger Bouvin, d’Albert Thenet, de Wilfrid Moutou.
Il contient en frontispice cette pensée donnant à réfléchir : “S’il était donné à quelqu’un de ces pionniers qui abordèrent, ici, au début du XVIIIe siècle de revenir aujourd’hui (en 1935) contempler, du haut d’un des belvédères naturels qui la dominent si heureusement, la capitale de l’ancienne Isle de France, que retrouverait-il de sa physionomie d’il y a deux siècles ?”
Le Port-Louis de 1935 présente, et pas seulement à la tombée de la nuit, un aspect morne et désolé, lui donnant l’air, par endroits, d’une ville inhabitée. La raison en est à la dépression économique post-1929 et à la chute massive des prix du sucre après les années fastes de l’après-Première Guerre mondiale. Le Port Louis de 1960 (225 ans) est trop endeuillé par le passage calamiteux des cyclones Alix et Carol pour qu’on songe lui reprocher toute absence de célébration, encore qu’une ou deux conférences-rappels historiques n’ont jamais coûté des cents et des mille. Le Port Louis de 1985 (les 250 ans non fêtés) offre déjà l’image d’une cité en plein réveil économique, civique, culturel, plein de riches promesses. Que dire alors de ce que sera le Port Louis de 2010, avec sa multiplication d’immeubles de plus de 10 étages, ces embouteillages chroniques (seront-ils solutionnés à cette date ?), son havre touristique du front de mer du Caudan, son port franc, son théâtre municipal et son hippodrome (parmi les plus anciens de l’hémisphère Sud, en espérant qu’ils seront toujours en fonction), son Chinatown renaissant. C’est bien simple : si l’une des personnalités phares du bicentenaire de 1935 (à votre choix entre les gouverneurs invités, Choteau de la Réunion, Cayla de Madagascar, le maire, Raoul Rivet, le chantre historique du Port Louis, Auguste Toussaint) revenait parmi nous, il aurait encore plus de peine à reconnaître, dans l’actuel amoncellement de béton, le Port Louis de 1935 qu’un navigateur du XVIIIe siècle revenant au Port Louis en l’année du bicentenaire.
Tous, préparons-nous, chacun à notre niveau, à faire d’août 2010 (le moment aussi de commémorer le bicentenaire du combat naval du Grand-Port) une célébration digne des progrès tous azimuts réalisés, à ce jour, en notre bonne ville de Port-Louis.
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