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Le secteur privé malgache appréhende le libre échange

18 mai 2006, 00:00

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L’importation sera en hausse.Une étude menée par le Centre d’études et d’analyses économiques de Madagascar (Cream) vient de mettre en évidence la crainte des opérateurs privés malgaches quant à l’intégration de la Grande île au sein des structures de libre échange régional.

D’après cette étude, près de 47 % des opérateurs privés avancent que la balance commerciale continuera d’être déficitaire. “L’importation tend à s’accroître avec la libéralisation des marchés”, a expliqué Eric Ramilison, du Cream, hier, lors de l’atelier de présentation des études sur l’impact des réformes macro- économiques, dans le cadre de l’intégration dans la Communauté pour le développement de l’Afrique australe(SADC).

Cette étude révèle aussi que seuls 32 % des opérateurs malgaches soutiennent que cette intégration de Madagascar au sein de la SADC pourrait être bénéfique pour les activités et l’économie nationale. Malgré ces avis divergents, cette étude a permis également de mettre en exergue une perception qui reflète la réalité.

D’une manière générale, les industriels malgaches craignent la forte concurrence des produits étrangers qui vont sûrement inonder le marché, face à la libéralisation des marchés et des frontières.

S’approvisionner en matières premières</B>

L’intégration de Madagascar au sein de la SADC prévoit aussi l’annulation totale des droits de douanes des pays membres pour tous les produits, en 2012. D’autres étapes s’effectueront au préalable avec d’autres échéances. Cette ouverture est synonyme de libre échange et de franche concurrence pour tous les produits issus des pays membres de la communauté. “Le principal intérêt de l’adhésion de la Grande île dans ces structures régionales réside dans l’ouverture des marchés pour les produits locaux”, soulignent les responsables.

Un point de vue qui est encore loin d’être partagé par tous les acteurs de la vie économique du pays, dont le secteur privé qui devrait être le moteur du développement.

La concurrence risque d’être rude, en effet, pour nos industriels. En parallèle, le marché local s’ouvre également aux produits étrangers. Une aubaine pourtant pour les consommateurs qui auront alors une plus large palette de marchandises disponibles, à des prix plus compétitifs. Les industries malgaches pourront ainsi jouir de cette ouverture pour mieux s’approvisionner en matières premières.

D’un autre côté, la concurrence risque d’être rude pour nos produits industriels. Sans une préparation bien conséquente, les opérateurs malgaches devront se contenter des miettes du marché. “Dans le contexte actuel, surtout marqué par la difficulté des entreprises malgaches à investir, le défi est de taille”, avance un membre du groupement des entreprises malgaches.

Toutefois, Madagascar pourra négocier auprès des pays membres de la Sadc une annulation progressive des droits de douanes sur ces produits, pour une période déterminée.

Quoi qu’il en soit, il est impératif, que les opérateurs privés se préparent à faire face au défi de la concurrence et de la compétitivité. Cette ouverture de marché doit être accompagnée de l’accroissement de la compétitivité des industries malgaches.

Doda ANDRIANANTENAINA</B>

MONNAIE

<B>L’ariary poursuit sa chute</B>

■ Inexorablement. La dévaluation de la monnaie malgache se poursuit sans qu’aucune mesure ne soit prise par les autorités. Depuis près d’un mois, l’ariary perd chaque jour un peu de sa valeur. Hier, la monnaie européenne, principale monnaie de référence, s’échangeait à Ar 2.766 contre Ar 2.743 vers la fin de la semaine dernière.

La lente et inexorable descente aux enfers se poursuit ainsi pour l’Ariary. Cette perte de valeur de la monnaie nationale devient de jour en jour plus flagrante. Les explications des banquiers de la place font état d’un concours de circonstances qui ira en s’aggravant si les opérateurs persistent dans ce sens. Cette faiblesse de la monnaie malgache reflète, pour ainsi dire, la performance même de l’économie du pays. Avec une balance commerciale déficitaire, caractérisée par une trop forte demande au niveau des importations, la situation est encore loin d’être idéale. Les recettes d’exportation restent faibles pour le moment. Aujourd’hui, les importateurs renforcent leur achat en voulant éviter d’effectuer des transactions avec une monnaie trop faible. En parallèle, les exportateurs attendent que la monnaie perde davantage de valeur pour lancer leurs activités. C’est de bonne guerre !

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