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Ouverture en fanfare

18 mai 2006, 00:00

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Le rendez-vous annuel de la cinématographie a lieu du 17 au 28 mai. Plusieurs films sortent simultanément en salles. C'est le cas de “Da Vinci Code”, de Ron Howard.

Le réalisateur chinois, révélé à Cannes en 1989 avec son premier film “As Tears Go By”, sera le président du prochain jury du Festival.

Le palmarès du 59e Festival de Cannes qui a débuté hier devra être le “miroir” du jury, selon son président .

“Notre palmarès doit refléter nos choix, respecter la manière dont nous aurons reçu la sélection. Ce sera notre miroir, et je ne veux pas d'un miroir déformant”, explique-t-il dans un entretien publié dans Le Monde. Le président du jury précise qu'il va inviter ses membres “à regarder les films avec la plus grande ouverture d'esprit possible, en essayant de ne pas se concentrer uniquement sur l'histoire, ou sur les émotions”.

“A priori”, poursuit le réalisateur,“ on ne vient pas pour juger mais pour aimer des films. Nos critères n'auront aucun rapport avec le coût des films, ni avec l'âge ou la notoriété du réalisateur”. Interrogé sur la Palme d'Or décernée en 2004 au documentaire de Michael Moore Fahrenheit 9/11, Wong Kar-Waï répond qu'il “faut éviter la subjectivité” et “lutter contre la tentation de voter en fonction de critères personnels plus que pour les mérites d'un film”. Ce choix “n'aurait pas été nécessairement le mien, mais cela permet à la critique de critiquer le jury”, lance-t-il.

Thierry Frémaux, délégué artistique, a dévoilé,, la sélection officielle du Festival, récemment, dans un salon du Grand Hôtel, à Paris, en présence du président Gilles Jacob et de la directrice générale Catherine Démier.

Dix-neuf films issus de douze pays ont passé le cap d'une sélection à laquelle mille cinq cents films ont postulé. Cette sélection est un cocktail composé d'une majorité de grands auteurs habitués de la compétition, d'un soupçon de radicalisme esthétique, d'une touche de cinéma de genre, et de quelques trop rares découvertes. L'Europe tient la part du lion, l'Asie est en net retrait, les États-Unis et la France, comme d'ordinaire, dominent.

On trouve en compétition Bruno Dumont (Flandres), Nicole Garcia (Selon Charlie) et Xavier Giannoli (Quand j'étais chanteur) pour la France ; Sofia Coppola (Marie-Antoinette), Richard Kelly (Southland Tales) et Richard Linklater (Fast Food Nation) pour les Etats-Unis. Suivent Nanni Moretti (Il caïmano) et Paolo Sorrentino (L'amico di famiglia) pour l'Italie ; Andrea Arnold (Red Road) et Ken Loach (The Wind that Shakes the Barley) pour l'Angleterre ; Guillermo del Toro (El laberinto del fauno) et Alejandro Gonzales Inarritu (Babel) pour le Mexique ; Pedro Almodovar (Volver) pour l'Espagne ; Lucas Belvaux (La Raison du plus faible) pour la Belgique ; Pedro Costa (Juventude em marcha) pour le Portugal ; Aki Kaurismaki (Les Lumières du faubourg) pour la Finlande ; Rachid Bouchareb (Indigènes) pour l'Algérie ; Nuri Bilge Ceylan (Les Climats) pour la Turquie ; Lou Ye (Summer Palace) pour la Chine.

<B>Al Gore sur la croisette</B>

Cette sélection est encadrée par deux films hors compétition : The Da Vinci Code, de Ron Howard, pour la soirée d'ouverture, et Transylviana, de Tony Gatlif, pour la clôture. Trois autres films, toujours hors compétition, abordent des sujets dans l'air du temps : United 93, fiction de Paul Greengrass sur un des avions détournés le 11-Septembre ; An Inconvenient Truth, documentaire de Davis Guggenheim qui mènera sur la Croisette l'ancien vice-président des États-Unis Al Gore ; Zidane, un portrait du XXI e siècle de Philippe Parreno Douglas Gordon, dont on n'ose imaginer l'embouteillage monstre que provoquera le possible déplacement de sa vedette.La section Un certain regard relève de choix plus propres à justifier la formule sous laquelle Thierry Frémaux a placé cette édition : celle du "renouvellement". On y trouve, cette année, beaucoup de premiers films ainsi qu'une forte représentation venue d'Europe de l'Est et d'Asie.

Outre le cinéaste de Hongkong Wong Kar-waï le jury sera composé de . de l'actrice italienne Monica Bellucci, de l'actrice anglaise Helena Bonham-Carter, de la réalisatrice argentine Lucrecia Martel, de l'actrice chinoise Zhang Ziyi, de l'acteur américain Samuel L. Jackson, du réalisateur français Patrice Leconte, de l'acteur et réalisateur anglais Tim Roth et du réalisateur palestinien Elia Suleiman.

Les trois autres jurys (courts métrages, Un certain regard, Caméra d'or) seront respectivement présidés par les réalisateurs Andreï Kontchalovski, Monte Hellman, Luc et Jean-Pierre Dardenne.

<B>“DA VINCI CODE” encore une fois au centre de la controverse</B>

Dans un entretien paru mai dans l'hebdomadaire chrétien La Vie, le théologien jésuite Bernard Sesboüe affirme que la thèse principale du roman de Dan Brown, “Da Vinci Code”, est bancale. Bernard Sesboüe confirme en effet que le Christ n'a pas eu de sexualité. Cette "histoire de couple entre Jésus et Marie Madeleine a troublé plus d'un croyant. Mais elle ne tient pas debout. Aucun élément des Evangiles ne laisse envisager une chose pareille", affirme le théologien. “Les Evangiles montrent un Jésus libre de tout tabou face aux femmes. Il se laisse toucher par elles: par la femme pécheresse chez Simon, mais aussi par une femme qui a un flux de sang menstruel”, ajoute-t-il. “Jésus avait des rapports sexués avec les gens, bien que non sexuels. Et d'après les textes, il est célibataire”, indique Bernard Sesboüe. Selon le père jésuite, “la Marie Madeleine” – avec laquelle Jésus aurait eu une descendance selon le best seller – “est une construction ultérieure, l'amalgame” de trois femmes: Marie Magdala -très présente auprès de Jésus, et qui a annoncé sa résurrection-, Marie de Béthanie, soeur de Lazare, son ami qu'il ressuscita, et “la femme pécheresse”. “Dire que Jésus a été l'amant de Marie Madeleine (mais alors, de laquelle des trois?) est une pure projection, typique de l'obsession moderne face à la sexualité”, conclut le théologien, à quelques jours de la projection, pour l'ouverture du festival de Cannes, du film de Ron Howard tiré du roman. Bernard Sesboüe a participé à la commission théologique internationale que présidait le cardinal Joseph Ratzinger, aujourd'hui pape Benoît XVI, entre 1981 et 1985.Ce même jeudi, Avvenire, le journal de la Conférence épiscopale italienne (CEI), appelle jeudi à “boycotter”le film américain.A une semaine de la sortie du film en Italie, l'éditorial du journal, qui consacre un dossier spécial au “Da Vinci Code”, taxe le film de “colossale mystification qui mérite d'être boycottée.”

Face à “l'énorme campagne publicitaire pour le lancement du film tiré du roman de Dan Brown”, Avvenire suggère “le droit à l'objection mais aussi l'occasion de redécouvrir la vérité sur l'Eglise et sur son histoire”. Le journal se propose d'offrir à ses lecteurs “un petit manuel” pour combattre les erreurs et les calomnies du roman et du film.

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