Publicité
Ecofuel revalorise des huiles usées
Il compte se lancer dans le recyclage des lubrifiants usés. Il espère démontrer que la protection de l?environnement peut faire recette. C?est un projet de Georgie Thomas qui a récemment ouvert Ecofuel Ltd.
Maurice génère hebdomadairement 60 000 litres d?huiles minérales usées. ?Un litre d?huile dans les nappes phréatiques peut contaminer jusqu?à un million de litres d?eau pendant des douzaines d?années. Voilà le genre de risques que nous courons?, met en garde Georgie Thomas. L?Environment Protection Act classifie ces huiles usées comme des ?déchets hasardeux?.
?J?ai voulu créer cette entreprise, explique Georgie Thomas, lorsque je pompais la graisse des stations d?épurations et que deux directeurs d?hôtels m?ont demandé de les aider à résoudre les problèmes liés aux huiles usées? .
Ecofuel dépend des ?générateurs? de lubrifiants usés. Car les Used Oil Regulations 2005 les oblige à se débarrasser de leurs huiles usées à travers un opérateur agréé. Dans les gros générateurs, on trouve les compagnies d?autobus et les concessionnaires de voitures. Les plus petits sont les mécaniciens et autres bricoleurs.
Ecofuel Ltd. reprend les huiles usées de ces derniers à travers l?île et même sur les navires enregistrés à Maurice contre un collection fee de Rs 2,30 par litre.
Georgie Thomas veut démarrer ?un système de collecte efficient et efficace?. Ces huiles usées sont ensuite acheminées à Ecofuel Ltd. à Petit-Verger.
Selon un Technical Advisory Committee du ministère de l?Environnement, Maurice importe annuellement huit millions de litre de lubrifiants, dont seulement trois millions sont ?récupérables?. Les cinq restants sont consommées par les véhicules, perdus à travers des ?fuites ? et mal utilisés comme, par exemple, en anti-rouille sur les plaques de coffrage.
Ecofuel Ltd. traite 10 000 litres par heure. Cette ?surcapacité? a deux objectifs : limiter le coût des opérations et traiter rapidement en cas de marée noire. Son stock de lubrifiants usés s?élève déjà à 100 000 litres. A l?usine, les produits sont filtrés et décantés dans un premier bassin avant de subir deux étapes de chauffage à 45°C et 90°C respectivement. Puis c?est la centrifugation, le mélange de fioul vierge et l?ajout d?un catalyseur. Les huiles usées sont ainsi ?revalorisées? pour êre revendues à des usines et utilisées dans les chaudières.
Cette procédure engendre deux dérivés : la boue et l?eau polluée. La première, mélangée à de la chaux, est ensuite stockée pendant quatre ans avant d?être retraitée. L?eau est, elle, traitée par le procédé de Dissolved Air Flotation et transférée dans le système de tout-à-l?égout.
Si Ecofuel Ltd. s?occupe actuellement de revaloriser les lubrifiants, elle compte aussi ?transformer l?huile de cuisine en bio-fuel, récupérer et exporter l?huile de base qui se trouve dans les lubrifiants?.
?Un traitement qui vaut la peine?
Au fait, les lubrifiants sont composés des huiles de base auxquelles on mélange des additifs, tel le savon, pour les rendre plus visqueuses. ?L?huile de base ne se détériore jamais. J?espère éventuellement récupérer l?huile de base en enlevant les polluants et additifs détériorés. C?est ce traitement élaboré qui vaut véritablement la peine.?
Georgie Thomas explique, par ailleurs, que, ?mise à part Total, les compagnies importatrices de lubrifiants ont longtemps tergiversé pour trouver une solution? à la pollution engendrée par leurs produits. Il accuse une entreprise en particulier de ?mélanger les huiles usées au fioul vierge sans aucun traitement?. Qu?à cela ne tienne, Ecofuel Ltd. entend apporter sa solution pour résoudre les problèmes liés aux huiles usées.
Publicité
Publicité
Les plus récents