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?La politique s?infiltre partout dans l?île?
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?La politique s?infiltre partout dans l?île?
● Vous avez aussi occupé le poste d??Island Commissioner? (IS) de mai 1998 à décembre 2000 et l??Island Chief Executiv?e (ICE) d?octobre 2002 à décembre 2004. Des rumeurs circulent selon lesquelles vous avez été sollicité pour remplacer l?actuel ICE, Jean-Claude Pierre Louis si jamais le gouvernement central ne renouvelle pas son contrat qui prendrait fin en octobre. Est-ce vrai ?
J?ai moi aussi entendu ces rumeurs, mais jusqu?ici je n?ai pas été contacté officiellement.
● Accepteriez de reprendre ce poste ?
Je suis toujours disposé à travailler pour mon île natale mais pas avec Serge Clair, le Chef commissaire.
● Pourquoi ?
Primo, l?affront qu?il m?a fait en ne renouvelant pas mon contrat. Secundo, je ne suis pas satisfait de la pression exercée sur le ICE pour des décisions politiques, chose qui est tout à fait contraire à l?éthique. En tant que professionnel, j?ai toujours cru qu?il me fallait la liberté d?assumer ma responsabilité sans parti pris et comme défini dans le Rodrigues Regional Assembly Act (RRAA). Ayant occupé ce poste, je trouve qu?il n?y a pas de consistance dans l?application de ces décisions et que tout le monde n?a pas des chances égales. Voilà un peu les raisons pour lesquelles je n?accepterai pas ce poste tant que Serge Clair sera au pouvoir.
● Aviez-vous eu le ? job satisfaction? lorsque vous assumiez cette fonction ?
Effectivement. Quand j?étais parti pour travailler à Rodrigues dans l?establishment, en octobre 2002, les fonctionnaires n?étaient pas bien préparés pour travailler dans le cadre de l?autonomie. Il n?y avait aucun système en place, C?était très dur au début. On avait tout fait sur le plan politique et constitutionnel, préparé les postes des commissaires mais tel n?était pas le cas du côté administratif. Il fallait tout faire, que ce soit pour les commissaires et les fonctionnaires avec les moyens de bord que pour le bon déroulement du conseil exécutif.
Mais avec le temps je dois dire que les choses ont bien changé et évoluent dans la bonne direction. Si vous parlez de job satisfaction, je dois dire que je ne regrette pas d?avoir pris la décision d?aller travailler dans mon île natale.
● Iriez-vous jusqu?à dire que Rodrigues peut être gérée sans l?appui des Mauriciens ?
Il manque encore des Rodriguais formés pour tout gérer. Je trouve dommage que ceux qui ont la chance d?être formés à l?extérieur, ne retournent pas dans l?île pour exercer.
● Quelles en sont les raisons principales?
L?infiltration de la politique à tous les niveaux à Rodrigues y est pour quelque chose et le professionnel qui fait travail en toute intégrité n?aime pas se sentir visé. Il aime rester à l?écart pour ne pas se retrouver au c?ur de conflits qui pourraient lui faire du tort tout au long de sa carrière. Vivant dans une petite île, le Rodriguais formé et compétent, pense qu?il serait difficile pour lui de faire valoir sa compétence comme il faut.
● Que faut-il faire pour les attirer ?
Développer les conditions nécessaires pour leur donner la possibilité de mettre à profit leurs connaissances professionnelles en les accompagnant dans leur carrière.
La décision de l?Assemblée Régionale de Rodrigues (ARR) d?allouer des bourses au Centre médical Sir Seewoosagur à Maurice est une bonne chose pour Rodrigues dans la mesure où elle donne la chance aux Rodriguais d?étudier et de découvrir d?autres créneaux susceptibles de les encourager à retourner dans l?île pour se mettre au service des siens.
● Cela fait deux ans que vous n?êtes plus ?Island Chief Executive?. Quel est votre sentiment aujourd?hui ?
J?ai l?impression que le Rodriguais était enthousiasmé la première année où nous avons eu l?autonomie. Il avait ce sentiment de bien-être et fier d?avoir ce statut.
Tout a changé avec l?évolution de la situation politique. Avec la bipolarisation à Rodrigues, il est normal que les deux partis, l?Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) et le Mouvement Rodriguais (MR) défendent leurs idées.
Personnellement, je trouve toutefois que c?est très malsain et mauvais pour cette petite île.
● Nous sommes dans une démocratie ...
Je le sais. Mais pour le bien-être de toute l?île, j?ai toujours pensé qu?une coalition entre ces deux partis pour les deux premières années de l?autonomie, aurait été une très bonne chose. Pour l?avancement de Rodrigues car les deux camps contrôlent chacun la moitié de la population rodriguaise et veulent atteindre les mêmes objectifs.
● Le Chef commissaire de Rodrigues, Sege Clair, a qualifié certains commissaires d??indisciplinés.? Votre avis ?
Il est sûrement en présence d?informations que je n?ai pas. Je trouve dommage que le Chef commissaire les ait attaqués en public comme il l?a fait.
● Quelle est votre opinion sur la gestion de la Rodrigues Education Development Company (REDCO)?
REDCO doit être gérée à Rodrigues. Il y a la compétence pour le faire au sein du board. Il appartient maintenant aux directeurs de cette compagnie d?assumer leurs responsabilités comme stipulé dans le Company Act.
Autrement s?il arrive un jour qu?un des membres de la direction prenne une décision qui ne cadre pas avec l?esprit de REDCO, il peut être poursuivi. Les directeurs, faut-il le rappeler, sont redevables pour toutes les décisions prises.
● Et la gestion des terres ?
Rodrigues doit continuer à gérer ses terres. Il faut plus de transparence dans l?octroi des baux. Pour y arriver, il faut établir un système pour que cela soit possible.
● Les élections régionales sont prévues pour octobre de l?année prochaine. Serez-vous candidat à ces élections ?
Certaines personnes hors des partis politiques m?ont effectivement contacté pour aider au développement de Rodrigues à travers l?engagement politique. Mais rien n?est définitif pour le moment. Je réfléchis toujours. Je ferai savoir ma position en temps et lieu.
Propos recueillis par Jocelyn ROSE
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