Publicité

Steel Pulse, du reggae engagé

7 mai 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Sésame ouvre-toi, voici les Rastamen? Le stade Sir Gaëtan Duval accueillait, samedi soir, un groupe de reggae légendaire, Steel Pulse. Tête d?affiche de la deuxième édition du festival Reggae donn sa, les Rastamen britanniques ont lancé quelques abracadabras sur Rose-Hill? Mais la formule magique a eu peu d?effet pour un public mauricien assez nombreux mais plutôt refroidi. Etait-ce le petit vent d?hiver ?

L?ambiance était pourtant au top vers 21 heures, lorsque Otentik Street Brothers (OSB), Natir et leurs amis ont terminé leur tour de chant. La foule reprenait avec enthousiasme des chansons qui font désormais partie de la culture musicale urbaine, connues sur le bout des doigts et scandées à gorge déployée. Une heure auparavant, le Seychellois Ras Ricky s?était subtilement immiscé dans le fête mais le public ne jurait que par OSB et leurs amis?

Aussi, ni Stepping out, ni Tight rope ou même Handsworth revolution, des hymnes en leur temps, n?ont su mobiliser un public mauricien peu réceptif. Pourtant, ce n?est pas la faute à David Hinds et à son groupe qui ont livré une bonne prestation digne de leur réputation. Sauf peut-être pour quelques couacs sonores, inévitables dans ce type d?événement. Encore que, sous d?autres cieux, les ingénieurs du son courent, eux aussi, contre la montre.

David Hinds avait fait un petit détour par Rose-Hill 36 heures plus tôt, pour une conférence de presse, avant un concert prévu vendredi soir à la Réunion. Skin, flesh, bones and dreadlocks, il était bien au rendez-vous, malgré un retard (involontaire) de quelque 24 heures. Le doux rastaman aux idées fortes, a rempli son contrat le sourire aux lèvres. Engagé, il affirme que le racisme est ?l?un des problèmes majeurs de notre temps?.

Il rappelle qu?il n?a pas été (et qu?il n?est toujours pas ?) évident d?être Noir et de faire du reggae, ?surtout dans les années 1980, après le mort de Bob Marley?.

Une vingtaine albums en trente ans d?existence

Steel Pulse est un groupe de Birmingham formé par David Hinds et ses deux complices, le guitariste Basil Gabbidon et le bassiste Ronnie Mc Queen. à la fin des années 1970, il évolue régulièrement sur la scène punk anglaise puis signe, en 1978, chez Island Records, le célèbre label reggae. ?Nous avons développé un son qui nous est propre, à une époque où la scène britannique oscillait entre la pop et l?influence de Motown?, explique le leader du groupe. Il se réclame de l?influence de Bob Marley, Burning Spear ou Jimi Hendrix et de groupes comme The Abyssinians et Climax Blues Band.

D?autres musiciens comme Selwyn Brown (claviers) et Steve Nisbett (batterie) sont venus renforcer la formation. ?C?est la fraternité régnant au sein du groupe qui nous a permis d?avancer et aussi de trouver des idées neuves?, précise David Hinds. Steel Pulse a sorti une vingtaine d?albums en trente ans d?existence. Handsworth Revolution, son premier album, est sorti en 1978 et le dernier en date, African holocaust en 2004.

Malgré le petit vent froid qui a soufflé sur le stade Sir Gaëtan Duval, David Hinds a apprécié son court séjour mauricien.

?Je pensais trouver de l?antagonisme en arrivant mais les gens, notamment la police de l?aéroport, ont été sympas?, reconnaît-il.

Et contre vents et marées, le festival Reggae donn sa continue sa route. Il devrait même devenir un événement annuel. C?est le v?u d?OSB et de sa filiale événementielle, Live n direk entertainment. Un partenariat est même en train de se dessiner avec la municipalité de Beau-Bassin-Rose-Hill. Varen Andee, fan de Steel Pulse et maire des villes s?urs, veut faire de l?agglomération une ?ville forte de culture?. Avant samedi, il y avait eu une première édition de Reggae donn sa, en août 2005 avec comme tête d?affiche le reggaeman français Pierpoljak et Daddy Mory.

Publicité