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Middlesbrough, le surprenant joyau

20 avril 2006, 00:00

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En 130 ans, Middlesbrough, modeste maillon du football anglais, n?avait jamais connu une telle effervescence. Il faut dire que le club jouera, en l?espace de trois jours, deux des matches les plus importants de son histoire.

Ce soir, les Teensiders se déplaceront à Bucarest pour y affronter le Steaua en demi-finale aller d?une Coupe de l?UEFA qui a certes perdu de son lustre au fil des années, mais qui demeure, aux yeux des observateurs, et quoi qu?on dise, une importante vitrine du football européen. Et, dans trois jours, ils remettront le couvert face à West Ham, qui leur disputera une place en finale de la Coupe d?Angleterre.

Seulement treizième de la Premier League, Middlesbrough est aujourd?hui à trois matches d?un étonnant doublé qui, s?il se concrétise, ne manquera pas d?en faire, à l?avenir, un club respecté. Jusqu?ici, les supporters n?avaient pas eu grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n?est une modeste Coupe de la Ligue, remportée dans des conditions pas très catholiques en 2004.

L?appétit vient en mangeant, dit-on. Boro, qui a humilié à la fois Manchester United 4-1 et Chelsea 3-0 en championnat, qui a été l?auteur d?une folle remontée face aux Suisses FC Bâle au tour précédent, est bien placé pour le savoir.

?Quelle aubaine pour la ville, pour le club, pour les joueurs. C?est pour cette raison qu?on aime le football. Pour connaître des jours comme ceux-là?, s?est réjoui, mardi, Steve McClaren, l?entraîneur des rouges, sur le site officiel du club.

Face au Steaua Bucarest, Middlesbrough part clairement favori. L?adversaire roumain a peut-être déjà été le plus fort d?Europe, ayant gagné la Coupe des clubs champions en 1987, face à Barcelone, mais c?était une autre époque. Celle des Hagi, Lucescu, Popescu? Aujourd?hui, le Steaua n?a que son nom et son histoire même si, évidemment, la nouvelle cuvée, talentueuse au demeurant, est porteuse d?espoir.

?Nous avons l?expérience et les grands noms. Les joueurs savent ce qu?ils doivent faire?, reconnaît d?ailleurs McClaren, ancien bras droit de sir Alex Ferguson à Manchester United et aujourd?hui pressenti pour prendre la succession de Sven-Goran Eriksson à la tête de l?équipe d?Angleterre.

Mais attention à ne pas se faire piéger dans l?enfer du stade Lio Manoliu où ils seront plus de 45 000 à porter leur équipe. Ces dernières semaines ont été, pour Middlesbrough, particulièrement éprouvantes. Ce soir, les rouges en seront à leur huitième match en moins de trois semaines. Un véritable parcours du combattant qui a laissé des traces. C?est d?ailleurs probablement sans son buteur australien, Mark Viduka, touché, lundi, lors du match de championnat contre West Ham, que les Teensiders affronteront le Steaua ce soir.

<B>Gigi Becali : ?Dieu m?a appelé?</B>

Avec ou sans Viduka, Middlesbrough a de solides arguments à faire valoir en attaque. Yakubu Ayigbeni, huitième meilleur buteur de la Premier League, devrait normalement être associé à Jimmy Floyd Hasselbaink, l?homme en forme du moment, qui a marqué 13 buts en 19 matches cette année. Et, sur le banc, McClaren dispose d?un super-sub peu ordinaire en Massimo Maccarone, l?homme qui a tué Bâle à lui seul.

Le match pourrait d?ailleurs se résumer à un duel attaque-défense puisque le Steaua compte sur une première ligne étonnamment solide pour briller sur la scène européenne. En dix matches de Coupe de l?UEFA, le club roumain n?a encaissé que trois buts cette saison.

Du côté du Steaua, on ne fait jamais les choses à moitié. Quand le combat s?annonce difficile, on n?hésite pas à implorer l?aide divine. C?est ainsi que le propriétaire du club roumain, Gigi Becali, un orthodoxe chrétien, s?est offert en début de semaine un pèlerinage de deux jours dans les célèbres monastères d?Athos, en Grèce. Il a prié pour une qualification du Steaua.

?J?y suis allé car Dieu m?a appelé. Il voulait me parler avant le match. Je lui ai demandé de nous aider à éliminer Middlesbrough et si possible gagner la Coupe de l?UEFA?, a confessé Becali à la presse à son retour à Bucarest.

Le grand patron du Steaua a laissé entendre qu?il ferait don d?une somme de deux millions d?euros aux monastères d?Athos, sans préciser si sa générosité dépendait d?une victoire du club roumain.

En mars dernier, il a fait construire une église dans le petit village de Maglavit, situé dans le sud de la Roumanie, après l?étonnante qualification du Steaua Bucarest pour les quarts de finale de l?UEFA aux dépens des Espagnols du Real Betis.

Ancien berger qui a par la suite fait fortune dans l?immobilier, Becali est à la Roumanie ce que Bernard Tapie a été à la France ou encore Silvio Berlusconi à l?Italie. Un passionné de la première heure, politiquement très ambitieux. Candidat aux présidentielles roumaines il y a deux ans, il a eu l?occasion, en cours de route, de mesurer sa grande impopularité, le peuple lui ayant en effet demandé de repasser.

Becali sait que seul le football pourrait lui ouvrir les portes du palais de Bucarest. Une victoire du Steaua à l?échelle européenne lui permettrait en effet de gagner le coeur de ses concitoyens.

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