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Lynda Chalker rencontre un front pro-Ilois
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Lynda Chalker rencontre un front pro-Ilois
LLynda Chalker, sous-secrétaire d?Etat britannique à la Santé et à la Sécurité sociale, rencontre, à la fin d?avril 1981, à Westminster House, Floréal, une délégation du Front national de soutien aux Ilois. Participent à cette rencontre Mmes Naïk et Charlésia Alexis, Kailash Purryag, Paul Chong Leong, J. B. David, P. Bérenger, Bhinod Bacha, Elie Michel, Kishore Mundill, et le sympathique haut-commissaire anglais, James Allen. Les Ilois réitèrent leur demande d?une compensation de 8 millions et d?une rencontre avec le gouvernement anglais, à Londres, mais en présence de Richard Luce, sous-secrétaire d?Etat aux Affaires étrangères. Le rapport de M. Hervé Sylva, sur les conditions de vie des Ilois à Maurice, sera sous peu déposé. Les Ilois concernés recevront, via la poste centrale et à partir du 4 mai 1981, le paiement d?une somme de Rs 3,5 m. Le blocage, par un ministère des Finances à court de liquidités, de ce reliquat d?une compensation initiale, a provoqué une grève de la faim d?Iloises plus déterminées que jamais, grève résultant en quelques cas d?hospitalisation. La police procède à plusieurs arrestations et au matraquage en règle d?Iloises, réclamant leur dû (Voir L?express du 29 mars 2006).
Lynda Chalker porte, à l?occasion de cette rencontre historique, une robe mauve pâle qui fait le bonheur de Paul Bérenger. Le FNSI et l?Organisation fraternelle accordent préalablement leurs violons. L?OF insiste pour que les négociations incluent une participation seychelloise. La Commission diocésaine pour le monde ouvrier organise, de son côté, un spectacle en faveur des Ilois. Y participent Henry Favory, Odile Chevreau, Bam Cuttayen et des artistes folkloriques ilois. Est présenté, à cette occasion, un montage sonore, intitulé ?Le monstre en acier?. Il devait initialement être utilisé officiellement dans le cadre des études du cycle scolaire secondaire. Puis une mystérieuse censure officielle fait son apparition et nos collégiens sont privés de ce moyen de mieux appréhender le problème des Chagossiens, les sacrifiés de l?Indépendance de Maurice, toujours en attente d?une demande officielle de pardon que doivent leur présenter les autorités mauriciennes Yvon Saint-Guillaume, fondateur du Parti libéral mauricien (à ne pas confondre avec le Parti nationaliste mauricien), propose qu?un juge enquête sur les conditions de vie des Ilois à Maurice. Un futur défenseur des Chagossiens, Cassam Uteem, fait parler de lui. Intervenant au cours du débat sur le discours du trône, il en souligne d?abord la futilité : ?Promesses full, réalisations zéro !? C?est une collection de vaines paroles. Il estime que le Parlement est une invention occidentale qui ne reflète pas toujours les aspirations populaires. Il en veut aux technocrates et aux bureaucrates qui ne savent pas, aussi bien que les politiciens, parlementaires compris, comprendre les besoins du peuple. Il s?en prend à ceux qui s?attaquent globalement à la classe politique. Dans le lot, il y a, paraît-il, des politiciens qui ne seraient pas des brebis galeuses.
La question chagossienne revient sur le tapis, en avril 1981, notamment à travers les articles, toujours fort intéressants, de l?inoubliable K. D. Il rappelle que Maurice a déjà servi de garde-manger à la base nucléaire américaine de Diego Garcia, île volée aux Mauriciens par les Anglais et les Etatsuniens. Avant 1978, rappelle-t-il, un avion de transport USAF venait régulièrement chercher, à Maurice, des ?ufs, du poulet, des fruits, des légumes, de la bière, de l?alcool, de l?eau ?Crystal? et même du? coca-cola. Puis est intervenue une ?grande gueule? et les Amerloques sont allés faire leurs courses ailleurs. K.D. se plaint que la presse anglaise refuse de publier sa lettre sur le vol des Chagos, lettre intitulée ?Lost Eden?.
La branche locale de Coca-Cola négocie la venue à Maurice de Diego Maradona, la coqueluche du football argentin, la vedette des ?Boca Juniors?, pas encore tombé dans le guet-apens de la cocaïne. Il s?agit d?une tournée de promotion internationale qui n?est pas sans nous rappeler la venue de Pelé, à Maurice, en janvier 1976.
Harold Walter se fait fort de nous obtenir annuellement des Etats-Unis 20 000 visas d?immigration. En théorie, il n?a pas tort. Cette possibilité existe mais sur papier seulement. Il y a une telle avalanche de restrictions que les Mauriciens immigrent toujours au compte-gouttes au pays de l?Oncle Sam. ?Deen Bandhu? s?en prend aux religions panadol et aux sectes financées, entre autres, par les Etats-Unis. Il les accuse de vouloir convertir à leur cause les Mauriciens hindous. La branche locale du Service volontaire international, une ONG plutôt proche du ?Peace Corps? états-unien, pour ne pas dire de la CIA, devra fonctionner d?une manière autonome. Sa disparition ne saurait tarder.
Terminons par le démenti d?Eliézer François concernant une interview accordée par lui au ?Jo?burg Star? et dans laquelle il aurait laissé entendre que Maurice songerait à établir des relations diplomatiques avec l?Afrique du Sud honnie de l?apartheid. SSR s?annonce surpris par cette déclaration du leader adjoint du PMSD. Le PSM fait savoir que l?Inde crachera alors sur nous. Jean Claude de l?Estrac craint que Maurice ne devienne par conséquent un Etat-paria.
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