Publicité

L’informatique recherche son label

19 avril 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il n’y a pas que les centres d’appels. L’industrie naissante des technologies de l’information et de la communication est certes dominée par les IT enabled services mais un autre segment veut aujourd’hui se faire une place au soleil : les produits et services informatiques. Regroupées au sein de la Mauritius IT Industry Association (MITIA), les sociétés engagées dans ce secteur trouvent le marché local limité et veulent exporter. Le pari s’annonce toutefois difficile, comme l’a conclu un brainstorming de l’association hier au Domaine Les Pailles.

à ce jour, environ 90 firmes employant un total de 2 000 personnes sont dédiées à la vente de matériel et services informatiques. Toutefois, seulement une douzaine exporte et de façon irrégulière. Si tout le monde veut exporter, la MITIA estime qu’il est essentiel de cibler les produits ou services susceptibles de trouver des marchés à l’étranger. Vendre du matériel est hors de question puisque les entreprises mauriciennes ne seront pas suffisamment compétitives. Le même argument s’impose au niveau de la vente de logiciels car il faudra rivaliser avec des gros bras comme l’Inde.

“La solution est de miser sur la valeur ajoutée et d’identifier des créneaux lucratifs”, explique Donald Lim Fat, un des responsables de la MITIA.

Trouver ces marchés porteurs est une des priorités de l’association. Il n’est toutefois pas question que chaque entreprise aille à l’assaut des marchés étrangers comme Don Quichotte affrontant les moulins à vent. La solidarité doit être à l’ordre du jour, comme cela a été le cas à Singapour.

“Il faudra opérer en clusters et créer un label qui symbolise toutes les forces du savoir-faire mauricien dans l’informatique. Le branding est important et le secteur doit rechercher une image aussi forte que celle de l’industrie touristique”, soutient Chee Peng Tan, chief executive de Team Synthesis.

Actuellement, chaque entreprise se spécialise dans un créneau. Ce n’est qu’en regroupant le savoir-faire local derrière une marque forte que les sociétés mauriciennes pourront bâtir la crédibilité du pays sur ce marché à l’étranger. Il n’est pas question que les entreprises locales s’entre-déchirent pour avoir des contrats à l’étranger. Idéalement, elles devraient partager leurs informations et même joindre leurs forces afin de monter des soumissions plus fortes et améliorer leurs chances de dénicher des appels d’offres à l’étranger.

En attendant, le National Computer Board (NCB) prend quelques initiatives : publication d’un annuaire des prestataires orientés vers l’export, mise en place d’un portail dédié à l’industrie informatique mauricienne sur Internet ou encore s’assurer de la présence des entreprises mauriciennes aux Salons internationaux. Si les sociétés n’ont rien contre, elles se montrent impatientes car l’état a tendance à prendre tout son temps pour réaliser des projets.

“Nous réalisons les préoccupations des membres de la MITIA mais nous sommes là pour promouvoir une industrie dans sa globalité et non des entreprises particulières”, insiste Khemraz Mohee, directeur général du NCB.

Alors que les entreprises et le NCB voient grand, certains partenaires de l’industrie informatique soutiennent que Maurice doit se montrer réaliste. Après tout, les ressources humaines sont limitées. à tel point que Maurice doit souvent avoir recours à des spécialistes étrangers. Et il y a pire : les rares talents mauriciens émigrent vers des pays où ils sont mieux rémunérés.

“Nous aurons les moyens de conserver nos meilleurs éléments si nous arrivons à exporter”, précise Neemalen Gopal, directeur général de Leal Communications & Informatics.

Le brainstorming d’hier n’était qu’un point de départ. La MITIA s’empresse à trouver le bon numéro afin que les prestataires de services informatiques puissent s’épanouir à l’étranger.

Publicité