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Attendons juin

19 avril 2006, 00:00

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<B>Par Stéphane SAMINADEN</B>

Après la Mauritius Employers’ Federation et la Chambre de commerce et d’industrie, c’est au tour du Joint Economic Council de monter au créneau à travers la voix de son nouveau président, Jacques de Navacelle.

Le secteur privé devrait avoir compris qu’il est condamné à attendre la présentation du premier budget de ce gouvernement pour savoir comment il entend s’attaquer aux principaux problèmes économiques. À moins que cette sortie synchronisée des institutions patronales avait justement valeur de mémorandum pré-budgétaire, puisque ces institutions n’arrivent plus à dire ce qu’elles pensent de vive voix aux principaux concernés.

Toujours est-il qu’un an aura passé. Un an, c’est long pour un pays aux abois. C’est long pour un pays engagé dans une course contre la montre. C’est un luxe qu’on ne pouvait pas se permettre. Et pourtant.

Il semble que le secteur privé et le gouvernement n’arrivent pas à se réconcilier, non pas sur l’analyse de la situation économique, mais sur la marche à suivre.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, vend un plan de restructuration étalé sur dix ans. Arvin Boolell défend lui aussi un plan de restructuration dans l’industrie sucrière qui devrait durer jusqu’à 2015.

Les deux plans qui font partie d’un même tout butent sur la même pierre d’achoppement : le financement. Nos besoins sont colossaux et nos moyens quasi inexistants.

La faille de la stratégie est qu’elle est entièrement tributaire de la générosité des bailleurs de fonds de qui nous attendons des prêts préférentiels. Finalement, on se retrouve avec la fausse impression que Maurice ne peut rien et que notre avenir dépend des pays développés.

Il est grand temps de se secouer pour se débarrasser de cette perception qui risque à terme de se transformer en défaitisme. Michael Kleine, le vice-président de la Banque mondiale a bien résumé la situation. Le meilleur argument de Maurice est de montrer ce qu’elle peut faire d’elle-même.

Il faut commencer par mettre de l’ordre dans les finances publiques, réduire les dépenses et le gaspillage en prenant des mesures courageuses. Maurice n’a pas les moyens de s’offrir un État providence aussi généreux. Reconnaissons-le et tirons en les conséquences.

Les Mauriciens ont été trop gâtés par des années de hausses salariales automatiques sans que cela ne soit accompagné d’un effort de productivité. La réduction des droits de douane a dopé artificiellement le pouvoir d’achat. Même quand ils n’en ont pas les moyens, les Mauriciens n’arrêtent pas de consommer en puisant de leur épargne. Il faut brimer cette frénésie.

Ce sont sur ces terrains, là que le secteur privé attend, où plutôt attendait, des actions du gouvernement. Résignons-nous à attendre juin…

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