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Une nouvelle approche dans l?enseignement des langues
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Une nouvelle approche dans l?enseignement des langues
À l?invitation du bureau régional du Preschool Trust Fund (PSTF), à Moka, Raoul Boellinger et Jacqueline Secrettand, respectivement chargé de programme et inspectrice de l?éducation nationale du Centre International d?Etudes Pédagogiques (CIEP), à la Réunion, étaient à Maurice du 10 au 13 avril. Ils avaient pour mission de préparer un programme de formation à l?intention de quelque 400 éducatrices du préscolaire de la zone 2 (Moka-Flacq et Beau-Bassin-Rose-Hill) et de Rodrigues.
Cette formation est prévue pour juillet-août. Elle vise à mettre en place une nouvelle approche dans l?enseignement d?une seconde langue, à part l?usage du créole dans les maternelles. ?Cette approche pédagogique montrera comment construire sur la langue maternelle de l?enfant (le créole) pour l?apprentissage d?une seconde langue, dont le français et l?anglais?, explique Eddy Renganaden Veerasamy, pédagogue responsable du PSTF de Moka.
Selon le PSTF, les éducatrices du préscolaire sont à l?aise dans l?enseignement à travers le créole, mais éprouvent certaines difficultés dans l?approche pédagogique ou la méthodologie quant à l?introduction d?une seconde langue.
Cette formation CIEP-PSTF de Moka est un projet-pilote bénéficiant également de la collaboration du ministère de l?Education, de l?ambassade de France, du CIPOD et de la Federation of Preschool Playgroups. Par la suite, le programme sera étendu à 1 000 autres éducatrices du pays sur une période de deux ans.
Le créole et les autres langues
Au cours de leur visite dans deux écoles, les délégués réunionnais ont pu rencontrer des parents et des élèves. Ils estiment que les livres d?Eddy Veerasamy sur l?enfant montrent le rôle important des parents sur la valorisation de l?apprentissage des langues. ?Il faut savoir comment amener les langues et les utiliser en classe. Il est aussi important d?avoir une ligne de démarcation entre le créole et les autres langues?, explique Raoul Boellinger.
Cette ligne de démarcation pour les enfants de 3 à 5 ans est primordiale pour une bonne performance au niveau des examens. Il ne faut pas, selon les représentants du CIEP, que l?enfant mélange le créole et le français ou l?anglais au moment de ces épreuves.
Les statistiques sont éloquentes sur le taux d?échec au niveau des langues : 49 % d?enfants quittent le primaire, après 6 ans d?études, sans savoir lire ou écrire ; 49 % ont eu zéro en composition au Certificate of Primary Education (CPE).
À long terme, la mission du CIEP vise à mettre sur pied un centre de recherches dans l?apport de la langue maternelle et de l?apprentissage d?autres langues dans l?océan Indien. La collaboration régionale entre Maurice et la Réunion, à travers la Mission française de coopération, remonte à 1981. Une dizaine d?échanges fructueux ont eu lieu entre les deux pays, notamment sur la pédagogie du chant et des exercices rythmiques, l?enfant, le mouvement et la musique, les techniques de formation, les concepts de base et les démarches pédagogiques, les théories et les pratiques pédagogiques, les nouvelles orientations dans l?éducation préscolaire et primaire, le rôle du conseiller pédagogique et la formation des formateurs. Les délégués du CIEP ont aussi eu des rencontres avec le président du PSTF, Kaviraj Sahadev, et Sanjay Bhowon, directeur par intérim du département préscolaire et primaire à l?éducation.
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