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La production du livre, un avenir encore flou

18 avril 2006, 00:00

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Ils s?étaient réunis pour recueillir au moins un ?semblant de réponse? autour du thème La production du Livre à Maurice. Quel avenir? Après le lancement de son livre, (voir ci-dessus), Issa Asgarally a aussi présidé une table ronde avec quatre intervenants. Mais la contrainte de temps ne leur a pas permis de traiter la question en profondeur.

Faire parler les maillons de la chaîne du livre. Auteur, éditeur, libraire, bibliothécaire et diffuseur. Carl de Souza intervient le premier. Issa Asgarally tente de l?emmener sur son expérience en tant qu?auteur : quelles sont les étapes à franchir pour aboutir à une publication. Mais Carl de Souza préfère autrement. ?Il s?agit d?abord d?un objet. Parlons du poids réel du livre, propose Carl de Souza. Il existe toute une gamme de sensations au creux du livre. Il a une odeur, une texture. C?est un acte impudique que de se lancer dans la publication, car il s?agit de se répandre sur les autres??.

Issa Asgarally établit quelques moyens pour le public de se faire publier. Un auteur dispose de Rs 15 000 du ministère des Arts et de la Culture. ?Mais quelle longue procédure !?, s?emporte Issa Asgarally. Il faudrait même, selon lui, présenter un acte de mariage afin d?obtenir un tel support. En sus d?un fonds prévu pour ceux qui désirent publier un livre en anglais, il existe les concours littéraires (très courtisés mais rares), notamment le Prix Jean Fanchette qui est proposé tous les deux ans.

Il y a eu beaucoup de chiffres énoncés à cette table ronde. Shafick Osman, directeur général des Editions de l?Océan Indien (EOI), annonce que le poids financier pour le produit imprimé du livre tourne autour Rs 300 millions. Christophe Cassiau, bibliothécaire, établit que des recherches démontrent que le nombre de publications a augmenté depuis 1996. 44 ouvrages ont été publiés à Maurice en 1996. Huit ans plus tard, ces chiffres se sont multipliés par quatre.

L?avenir de la production du livre n?est certes pas une mince affaire. Issa Asgarally fait là référence aux Editions Bartholdi qui ont fait faillite après quelques publications seulement. Shafick Osman avoue que l?EOI a publié un peu ?tout le monde? dans les années 90 mais que cette démarche ?n?a pas marché commercialement?. Maintes interruptions plus tard, il ressort que de nouvelles démarches commerciales seront prises pour enrichir les caisses des maisons d?édition. L?EOI compte demander à des auteurs ?qui font vendre?, d?écrire de nouveaux livres. Histoire de faire vendre les produits.

Du côté des Editions Le Printemps, le directeur, Ahmud Islam Sulliman, place ses espérances sur la publication de livres étrangers. Il dit néanmoins, privilégier la qualité.?L?auteur doit trouver un éditeur qui l?accompagne. Pour la publication, il doit y mettre de la sueur et du travail. Un éditeur ne doit pas nécessairement croire au premier jet de l?auteur. Il y a tout un travail éditorial à effectuer?, souligne Carl de Souza.

Certes, ils s?étaient rencontrés pour discuter de l?avenir de la production du livre. Mais à trop fouiller le passé, nous avons appris très peu sur cet avenir.

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