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Issa Asgarally effeuille le passé du livre
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Issa Asgarally effeuille le passé du livre
Modeste et grand public. Voilà ce que propose Issa Asgarally. Son livret Une brève histoire du livre a été lancé hier dans les locaux de la Bibliothèque nationale (BN) en présence de l?écrivain Jean-Marie Leclézio. Une occasion de plus de souligner le poids que pèse le livre dans la culture mauricienne.
?Ce livret découle de trois choses, débute Issa Asgarally. En décembre 1999, Jean-Claude de l?Estrac m?avait demandé de rêver pour un numéro spécial de l?express. A l?aube du 21ème siècle, il fallait imaginer quel serait l?avenir du livre dans cent ans. En second lieu, j?ai aussi observé que mes élèves du postgraduate ne connaissaient pas l?histoire du livre, encore moins celui de la parole. Ils étudient la linguistique mais jamais de ces choses-là. Nous en avons parlé avec Yves Chan Kam Lon de la BN et il a été décidé que pour la première peut-être, un livre sur l?histoire du livre serait publié.?
Une brève histoire du livre vient combler une lacune. Ce livret se compose d?une quarantaine de pages retraçant le parcours du livre, de la naissance de l?écriture en Mésopotamie vers 3 000 ans avant notre ère jusqu?à cette question : Et demain ?. Quelle sera la place du livre demain, sachant que nous passons à l?heure de l?e-book.
L?écrivain observe dans ses recherches que l?histoire du livre est ?l?une des plus grandes aventures de l?interculturel?. Après tout, un livre possède bien ce don de survoler le temps, de contourner les limites et de franchir des contrées multiples. Afin d?ouvrir la lecture à tous, Une brève histoire du livre se propose à Rs 50 seulement.
Ce fut aussi une occasion pour la BN de lancer les activités autour de la Journée du Livre observée le 23 avril. Yves Chan Kam Lon, directeur de la BN n?a pas manqué de revenir sur certaines inquiétudes à propos du livre. Il remarque que ?notre société est toujours submergée par une production exponentielle de livres, ce qui constitue un obstacle monumental dans la rencontre du lecteur avec le livre?. Pour en revenir au passé du livre, le directeur de la BN relève un fait historique; celui de la production du livre à Maurice qui date de la période française. ?La législation pour les colonies des Isles de France et de Bourbon 1768?, s?inscrit comme étant la première publication gouvernementale de l?Isle de France.
Quant au ministre des Arts et de la Culture, Mahendra Gowressoo, il a retracé les fonctions du livre. Tâtonnant quelque peu, il annonce qu?il a ?appris que 70 % de la population ne lisent pas un seul livre pendant un an?. Ce chiffre est ?alarmant?. Selon lui, il faut encourager les Mauriciens à lire ?au moins un livre par mois?.
Autre observation inquiétante, celle d?Amrita Kistamah, la nouvelle présidente de la BN, qui parlait de la fragilisation du livre. Plusieurs millions de livres s?émiettent sur le territoire étranger. ?Il est grand temps de songer à la conservation des livres. Il nous faut préserver ce précieux héritage afin que les générations puissent s?en abreuver.? Proposition qui, elle l?espère, sera prise au sérieux.
Et parlant de proposition, Issa Asgarally s?interrogeait sur cette question: ?Et pourquoi pas un projet IRS pour la culture ?? L?écrivain pense qu?il est ?impératif d?avoir un bâtiment pour les archives tout comme le centre de documentation en France.? Il s?est aussi penché sur notre patrimoine audiovisuel car ?l?histoire de la télévision, c?est aussi l?histoire du pays.?
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