Publicité
Meurtre médiatisé
Peu éduqué, le constructeur au gré du temps travaillait.
Rares chantiers, sueurs sans valeur, sur eux, malheur veillait.
Sa demeure précaire abrite famille affamée qui souvent pleurait.
Sans travail, sans deniers, leur enfant ne pouvait, à sa faim, manger.
Pour sortir du bourbier, l?épouse contre un emploi troqua son tablier.
Orgueil blessé et c?ur tourmenté, l?ouvrier dans la folie sombrait.
Chantiers fermés, famille brisée, rien ne lui restait à l?ouvrier paumé.
Frustré, désespéré, la jalousie le tenaillait, il fallait se venger.
Ayant raté sa bien-aimée, qu?à présent il haïssait, sur leur fils il s?est acharné.
Fallait pour toujours la faire pleurer, béante serait à jamais la plaie.
Par un bonbon amadoué, l?enfant, à l?autel de la colère, fut sacrifié.
Des mains de son père, des coups mortels lui furent sauvagement assenés
Après avoir commis son forfait, vient le temps des comptes et des regrets.
Mais nul ne pourra ressusciter un bébé dont la vie fut violemment écourtée.
Nul ne pourra panser les c?urs blessés et sécher les larmes des proches éplorés.
Le maçon a tué son fiston, nous en sommes horrifiés mais nous allons oublier.
D?autres forfaits, au fil des jours, occuperont pour quelque temps nos pensées.
Ainsi va la vie au sein d?une société en plein progrès.
Malheur des autres, en fait divers banalisés, font converser et palabrer.
Valeurs vraies à l?oubli sont acculées faute de les glorifier et d?en parler.
Aimer et faire aimer, si aux atrocités nous refusons de participer.
Le fils du constructeur nous l?avons tous tué?
<B>Alain JEANNOT</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents