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Le livre, cet ami qui nous veut du bien
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Le livre, cet ami qui nous veut du bien
<B>Par Aline Groëme</B>
Vous vous souvenez des grands débats ? De ces voix alarmistes qui criaient à la disparition du livre imprimé au profit du livre électronique. L?éternel conflit entre la modernité et une vision plus sentimentale des choses. ?Quoi ?? s?offusquent des lecteurs éplorés, ?ne plus avoir ce plaisir charnel de toucher un livre, de sentir son odeur de neuf ou de poussière, de l?effeuiller à sa guise, de l?annoter, d?y noter mille pensées.?
?Pensez à tous ces livres qui seront à votre portée d?un simple clic?, leur répondait-on. Où en sommes-nous aujourd?hui ? Avec un chiffre alarmant. Celui cité jeudi soir par Issa Asgarally, lors de la proclamation des résultats du Prix Jean Fanchette 2006. Tenez-vous bien : ?70 % des Mauriciens ne lisent pas un seul livre par an.? De quoi faire frissonner.
?Il faut créer des projets IRS pour la culture?, lançait Asgarally. Au-delà de la satire, il y a la réalité de la Journée mondiale du livre et des droits d?auteurs, observée le 23 avril. à Maurice, c?est avec les moyens que l?on veut bien lui donner que la Bibliothèque nationale marque l?événement. Alors qu?elle-même manque de tout, surtout d?un local décent, elle se déplace, se démène pour rameuter les maisons d?éditions et mettre le livre à la portée de tous, ne serait-ce qu?un jour dans l?année.
Mais quels livres ? Combien de fois cela nous est-il arrivé de sortir de ces foires du livre où de malheureux ouvrages à la couverture abîmée, voire carrément inexistante, sont parqués dans des stands aux allures de foires aux bestiaux. Yves Chan Kam Lon promet des ? rabais incroyables de 30 % à 50 %?. Sur quels produits ? Des invendus, des éditions dépassées.
Certes, il ne faut pas s?attendre à avoir le beurre et l?argent du beurre. Les maisons d?éditions ne sont pas des enfants de ch?urs. (D?ailleurs qui l?est ?) La fête du livre est une occasion de faire des bonnes affaires. Justement, pas à n?importe quel prix. Si déjà le reste de l?année, le public lecteur se plaint du manque de moyen ( et de temps), jouer sur le facteur prix au dépens de la qualité ne sera pas une solution au problème.
Koïchiro Matsuura, directeur de l?Unesco nous aide à prendre de la hauteur. Dans son message à l?occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d?auteur, il nous rappelle que ?Le livre est un outil d?expression qui vit par la langue et dans la langue (?).
Les langues utilisées dans l?édition reflètent-elles la diversité linguistique des peuples de la planète ? Quel rôle peut jouer l?industrie éditoriale pour faciliter l?accès à une éducation de qualité pour tous, adaptée aux besoins des apprenants aussi du point de vue des choix linguistiques ? Et comment faciliter, au-delà des barrières linguistiques, l?échange de livres et de contenus éditoriaux entre les pays, notamment à travers la traduction ??
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