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Immunité et conflit d?intérêts

17 avril 2006, 00:00

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Par Bacchante

Si vous êtes un jeune magistrat et que par un concours de circonstances, vous vous retrouvez dans une situation où vous avez besoin de décider de vous juger vous-même, vous vous désisterez.

Si vous êtes un jeune prêtre, pourriez-vous écouter votre propre confession, et partant, vous donner l?absolution ?

Si vous êtes un policier, est-ce bien normal que vous vous retrouviez en position de décider si votre propre infraction au Code de la route doit être poursuivie en cour de justice ou pas ?

Ce que ces trois situations révèlent, ce sont des cas de conflit d?intérêts flagrants ou, même si l?on n?a rien à se reprocher (surtout si l?on n'a rien à se reprocher ! pourrait-on dire), on doit, par principe, s'en remettre au jugement de quelqu?un d?autre et surtout ne pas se disculper soi-même.

En janvier de cette année, par un certain concours de circonstances, on retrouve le cas SR 89410 devant le chef juge en chambre (voir fac- simile ci-dessous). L?Icac poursuit M. S. Bhadain en présence du Premier ministre d?alors et d?autres comme ?correspondents?. Peu importe les raisons de cette poursuite, mais le chef hiérarchique de l?Icac à ce moment-là est, par un concours de circonstances, M. Bhadain lui-même. Il peut certainement, au moins par élégance, si ce n'est pas par principe, demander un renvoi de l?affaire en attendant la nomination d'un commissaire qui pourrait, en toute indépendance, décider du sort de cette affaire contre lui.

Que nenni !

Les instructions de Me Sohawon sont de retirer l?affaire.

Nous sommes prévenus. Cela s?est passé dans une situation où l?immunité par rapport à sa propre décision n?existait pas. M. Bhadain a, par ailleurs, des antécédents de conflits d?intérêts assez clairs face à son parent, le ministre Bunwaree et l?ami de celui-ci, Appasamy.

Quand l?immunité sera assurée par la loi votée au Parlement, on peut deviner les tentations des uns et des autres !

Ceux que les dieux veulent perdre, rappelait Gaëtan Duval en son temps, ils les rendent fous !

Qui sont les fous qui, au Parlement, décideront que les fonctionnaires à l?Icac peuvent désormais faire des bêtises impunément ?

Et surtout, pourquoi le feraient-ils, s?ils ne veulent pas être perdus? aux élections ?

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