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Schumacher, dérapage contrôlé

16 avril 2006, 00:00

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On croyait que le mariage Schumacher-Ferrari en était un d?amour, de passion et de raison. On pourrait s?être trompé.

Aujourd?hui que l?intérêt de l?un ne rejoint plus forcément celui de l?autre, on évoque, ici et là, la possibilité d?une séparation. À l?amiable, certes, mais imminente.

Le divorce paraît d?autant plus consommé que Willi Weber, l?agent du septuple champion du monde allemand, dont le contrat avec Ferrari expire à la fin de l?année, a pris le soin, jeudi, de révéler publiquement l?intérêt que porte l?écurie Renault pour le plus célèbre pilote de la F1.

« Oui, Flavio Briatore s?est renseigné à propos de Schumacher. Et il semble très intéressé », a admis Weber dans les colonnes du quotidien allemand Bild. Vendredi, le pilote a pris à son tour la parole, sur le site officiel de Ferrari. Il n?a pas parlé de Renault, mais a semblé des plus confus. « Tout ce que je peux dire pour l?instant c?est que je veux prendre tout mon temps avant de décider de mon avenir? », a-t-il dit.

Des déclarations anodines, mais qui en disent long sur l?état d?esprit du camp Schumacher. Dans le passé, quand McLaren et surtout Sauber avaient fait de la surenchère pour tenter d?appâter le pilote, ce même Weber était monté en première ligne, niant tout contact avec qui que ce soit et prenant le soin de préciser que Schumi était de toute façon « intransférable », étant « lié à vie avec Ferrari ».

Pourquoi a-t-il, cette fois, changé de fusil d?épaule et révélé publiquement l?intérêt de Renault ? « Ils sentent le terrain glisser chez Ferrari et veulent sauver ce qui peut encore l?être. Il s?agit de marquer son territoire », répond Niki Lauda, ancien pilote Ferrari et observateur avisé de la F1.

Comment en est-on arrivé là ? Comment Schumacher, qui a mené la Scuderia Ferrari vers des sommets impensables, et qui entretient avec le patron Jean Todt des relations quasi filiales, pourrait-ils envisager de ne plus voir la vie en rouge ?

Une raison à cela. En termes de crédibilité pure, Schumacher a tout à perdre en restant chez Ferrari. La plus populaire des monoplaces du circuit n?est plus ce qu?elle était il y a deux ans, ses ingénieurs s?étant apparemment endormis sur leurs lauriers. Elle carbure désormais au ralenti et n?offre à Schumacher que la possibilité de se battre pour les places d?honneur. Et encore, c?est loin d?être gagné. S?il a fini deuxième à Bahrein, il a été contraint à l?abandon en Australie et s?est contenté de la sixième place en Malaisie. La saison dernière, il n?a remporté qu?une course, le Grand Prix tronqué d?Indianapolis, où il n?avait que les modestes Jordan et Minardi pour adversaires.

Dans les colonnes de Bild, Weber, fin diplomate, ne s?est épargné aucune peine pour atténuer l?impact de l?annonce. Déjà, précise-t-il, Schumacher ne considérera aucune offre avant de lui-même savoir s?il veut vraiment poursuivre sa carrière au-delà de cette saison. C?est vrai qu?à 37 ans, il ne dévore plus avec la même gourmandise les circuits.

« J?ai dit à Flavio Briatore que nous ne parlerons à personne tant que Michael n?aura pas décidé de ce qu?il veut faire la saison prochaine », a expliqué Weber, soulignant au passage que Schumacher entretenait toujours de très bonnes relations avec le grand ponte italien, grâce à qui il avait goûté à ses deux premiers titres mondiaux sous les couleurs de la défunte écurie Benetton, en 1994 et 1995. « Ils se connaissent depuis longtemps, ils se parlent souvent », explique Weber sans pour autant révéler le contenu des premières négociations.

Même si Willi Weber prend le soin de préciser que « nous aurions souhaité, en réalité, négocier d?abord avec Ferrari », on a tous compris que ce n?était pas forcément vrai et que Renault serait, pour Schumacher, une porte de sortie toute trouvée.

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