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Quand Terre d?Orages gronde ...

15 avril 2006, 00:00

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Nous sommes dans l?île Maurice de 1835. Les esclaves sont asservis à leurs maîtres colons. Mais tout cela va changer. L?abolition de l?esclavage a été proclamée par la couronne britannique. Les hommes et les femmes qui ont été brimés pendant des années, réclament leur dignité. Des conflits familiaux aux conflits sociaux, Terre d?Orages construit son propos en une pièce d?une durée de 1h45. Le théâtre, chambre d?écho de ces confrontations, habité par 35 comédiens, dont une majorité d?amateurs, va s?embraser ...

Nous sommes, en ce jeudi soir de répétitions, au c?ur du drame. Louis de Maringaux, le terrible patriarche est fou de rage. La proclamation qu?il tient entre les mains, va libérer ses esclaves. Entre-temps, des milliers d?esclaves ont soif de liberté. Claire de Maringaux, la fille de Louis, une jeune fille de dix-sept ans, sensible et bouleversée par les conflits répétés entre son père et sa mère Marguerite, vit sa romance avec Edgar Dabadie, son oncle marié. Hubert, le fils abolitionniste des Maringaux, incite ses amis esclaves à réclamer leurs droits.

Et sur scène, Sandra O?Reilly, personnalité politique et médiatique, y fait des débuts très attendus. La timide Claire de Maringaux, c?est elle. « Arrêtez papa !» ne cesse-t-elle de réclamer auprès de son père, qui insulte allègrement sa mère. « J?incarne une jeune fille de dix-sept ans. Claire est instable, fragile, sensible. Elle ne jure que par sa passion pour cet homme marié, » explique-t-elle. Rien à voir avec sa personnalité de battante.

C?est cela le théâtre. C?est l?art où tout est possible. Du silence pesant aux coups de gueule, l?acteur se doit de construire son personnage pour susciter l?émotion. « Nous demandons du rythme, de la rigueur et de la discipline. Mais chacun des comédiens sait ce qu?il a à faire et chacun d?entre eux est « adulte » et responsable, » explique Alexandre Pisani, comédien, mais aussi l?un des responsables de la direction des acteurs, avec Raj Gokhool.

Dans ce monde ponctué de doutes et de confrontations, Tico Soopaya veut faire ressortir l?audible et l?inaudible. La bande sonore, faite de notes de piano, de fouets qui claquent et de hennissements de chevaux, brasse toutes les violences, sociales, familiales et politiques.

Jeu d?acteurs impressionnant

Avec des mots terribles, Louis de Maringaux, incarné par un Fabien de Commarmond magistral, réveille cette époque ponctuée de mépris, de sévices, de tortures et de mises à mort. « Ce garçon est extrêmement courageux de jouer ce personnage qui est à l?opposé de ce qu?il est dans la vie, » nous chuchote Tico Soopaya, visiblement impressionné par son jeu d?acteur. « Il est horrible, mais le but de l?art, c?est de faire vivre cet homme ignoble, mais qui finira par révéler sa part d?humanité, » explique Fabien de Commarmond.

Sur scène, tout est confrontation. Des maîtres de lieu qui s?opposent, aux esclaves appelés pour être mis au courant de la proclamation de l?abolition, le théâtre de Tico Soopaya, a tout inventé. Les acteurs semblent particulièrement à l?aise. « Les répétitions ont commencé depuis des mois, à quelques jours de la soirée de gala, nous peaufinons les répliques et les gestuels. Quant à savoir si on est prêts ? On dira qu?on se débrouille !» laisse échapper Tico Soopaya.

Co-produite par I?Agence Immedia et Otayô et placée sous l?égide du ministère des Arts et de la Culture et la Fondation spectacles et culture, Terre d?Orages sera présentée au public les 22, 26, 28 et 29 avril, au Théâtre Serge Constantin. Prix du ticket : Rs 150. Des matinées scolaires sont également au programme, à 9 heures et midi, les 27 avril, ainsi que les 2, 4 et 9 mai. Prix du ticket : Rs 75. A retirer sur le Rézo Otayô.

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