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Pas de nouvelles, bonnes nouvelles

15 avril 2006, 00:00

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Les réponses appellent à des questions. Ou l?inverse. Un éternel recommencement et une interminable ligne droite. C?est ce chemin sans fin qu?ont emprunté JMG Leclézio, Christophe Vallée et Issa Asgarally, hier soir, à l?occasion d?une table ronde Nouvelle, un genre littéraire ? au Centre Charles Baudelaire.

Une salle comble de passionnés de littérature les a suivis sans mot dire, impressionnés ou peut-être émus de la présence de JMG Leclézio. Sans tourner en rond, on peut faire tous les détours que l?on veut, tourner les phrases dans tous les sens, l?horizon reste l?horizon et la nouvelle reste la nouvelle. Point de définition, ni absence de définition. Pas un genre, mais un genre à part entière, pas un art mineur, mais moins considéré souvent, par les lecteurs donc les éditeurs, et donc aussi les auteurs.

Issa Asgarally lance le débat, la réflexion, ouvre un labyrinthe. «La nouvelle est un genre pour le lecteur, une taille définie pour la définition. (?) La nouvelle est un genre omnigenre». Dans le labyrinthe, le fil de la pensée de Leclézio ne se perd pas et «résume», si le mot est juste, ainsi la situation. «En anglais, nouvelle se dit Short Stories». Bien plus simple. Plus de blabla. «La littérature française a toujours eu besoin de compartimenter. Mais la littérature aussi a su s?émanciper de ses limites ». Une nouvelle c?est une invention littéraire en même temps qu?une réflexion sur le langage, une réflexion tout court. Une ?uvre, si courte soit-elle dont il faut respecter le format ou le ton, le genre si l?on veut. A Maurice, on trouve de plus en plus de nouvelles, par la Collection Maurice, recueil de nouvelles qui paraît chaque année, ou par le Prix Jean Fanchette qui pour la deuxième fois célébrait la nouvelle lors de son concours. Plusieurs auteurs également s?essaient au genre. Il suffit souvent de se lancer ou de s?arrêter sur sa lancée. Pour le lecteur, c?est aussi une expérience, parfois brutale, douce, éphémère, ou un peu floue. Mais ça reste de la littérature, majeure ou mineure. Pour suivre la comparaison musicale de JMG Leclézio, l?accord importe peu, si la note est juste.

S.K.

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