Publicité
Serge Clair se met les commissaires à dos
Par
Partager cet article
Serge Clair se met les commissaires à dos
Il les a taxés d?«indisciplinés». Et les réactions aux propos tenus par le chef commissaire de Rodrigues, Serge Clair, dans notre édition du mercredi 12 avril n?ont pas tardé. Le Conseil exécutif qui se réunit chaque vendredi sous sa présidence n?a pas eu lieu hier. La majorité des commissaires devant y participer étaient absents. La réunion a donc été renvoyée. Cette démonstration de mécontentement n?est pas passée inaperçue. Et le froid semble s?installer?
Le commissaire Lélio Roussety s?est dit vivement blessé. «J?ai travaillé pendant 20 ans comme fonctionnaire en Angleterre. Je n?ai jamais été traité de façon aussi humiliante. Il n?y a pas que moi qui suis blessé profondément dans ma dignité mais ma femme et mon fils de 11 ans aussi. C?est un manque de savoir-faire de la part du chef commissaire. S?il avait des choses à nous dire, il aurait bien pu le faire dans l?instance appropriée, en toute confidentialité, comme il l?a fait au Conseil exécutif lorsqu?il m?a repris le portefeuille de l?Education.»
Il explique qu?un différend existe entre Serge Clair et lui depuis que celui-ci lui a repris ce portefeuille pour lui confier celui de l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB) et du Civil Status. Et affirme que si le chef commissaire décide de le révoquer, «cette décision ne me fera ni chaud ni froid car le chef commissaire a déjà dit, dans une réunion privée à Malabar, qu?il n?a pas besoin de commissaires pour travailler».
Le commissaire Roussety ajoute qu?il ne compte pas se laisser démoraliser. «Il est vrai que je suis miné intérieurement mais Serge Clair ne me cassera pas le moral.» Compte-t-il alors se joindre au Mouvement rodriguais (MR) ? «Il n?a jamais été question de cela. Je serai solidaire de toutes les actions que prendront les autres commissaires.»
L?un de ces derniers, Robertson Mercure, commissaire de la Sécurité sociale, fait également ressortir qu?il n?ira pas aux réunions du Conseil exécutif tant que celui-ci ne donne pas d?explications à ce sujet. «Ce n?est pas à mon agenda pour le moment. S?il doit prendre la décision de me révoquer, qu?il le fasse. Comme les autres commissaires, j?ai été choqué, profondément blessé et atteint dans ma dignité. De toute façon, je ne suis pas né commissaire. J?ai droit à une vie privée et de vivre ma vie comme je l?entends. Je ne vois pas en quoi cela gêne si je fais mon travail correctement et réponds aux attentes de mes mandants.» Comme son collègue, il ne compte pas rejoindre le MR. «Ce n?est pas ma priorité.»
Les reproches d?un autre commissaire viennent s?ajouter à ceux de Lélio Roussety et Robertson Mercure. Lindsay Castel, membre de l?Organisation du peuple rodriguais depuis 1977, siège à l?Assemblée régionale depuis 2002. Elle dit avoir travaillé comme agent pendant plusieurs campagnes électorales. «Le chef commissaire est allé trop loin. Je ne m?attendais pas qu?il fasse une déclaration aussi grave dans la presse. Je comprends les réactions des commissaires car j?ai ressenti la même humiliation et ai été blessée par son langage.» Lindsay Castel compte prendre une décision «en temps et lieu» quant à son avenir politique.
Publicité
Publicité
Les plus récents