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Le cri du coeur de six travailleurs sociaux

15 avril 2006, 00:00

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Six travailleurs sociaux qui ont travaillé pendant trois ans et demi au Trust fund for the social integration of vulnerable groups se retrouvent sans emploi. Leur contrat n?a pas été renouvelé.

A plus de 40 ans, Christiane Anthoo, mère de famille, vient de perdre son travail. Elle s?occupait elle-même de tous ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Pendant trois ans et demi, elle s?est donnée corps et âme pour aider, orienter et soulager les problèmes et les misères de familles vivant dans la précarité. Au Trust fund, elle était en charge de la région de Barkly, à Beau-Bassin. «J?ai donné de moi-même en sacrifiant ma famille et aujourd?hui je me retrouve dans une situation similaire à celle de tous ces gens que j?ai aidés. C?est injuste.»

Ses cinq collègues et elle estiment qu?on a mis fin à leur emploi «sans raison» et trouvent que cette démarche n?est pas juste. Leur contrat est arrivé à terme le 21 novembre. Ils ont postulé lors d?un nouvel exercice de recrutement, fin mars, mais leur candidature n?a pas été retenue.

Jacques Armon et Edley Jaymangal sont dans le même cas. Ils ont tissé des liens de confiance et établi tout un réseau dans des régions comme Mahébourg ou Pointe-aux-Piments. Leur proximité avec les populations les plus vulnérables, le travail dans les zones défavorisées, la formation : leurs compétences ont été largement reconnues par le Trust fund. «Cela n?a pas été facile au début mais nous n?avons pas reculé, et nous nous sommes donnés à fond. Aujourd?hui, nous avons un réseau, tout le monde nous connaît et on continue à faire appel à nous depuis que notre contrat n?a pas été renouvelé», témoigne Edley Jaymangal.

Ils estiment que l?on a «zoue are nou moral» et qu?on leur a «donné de faux espoirs». A cause de leur départ, disent-ils,le travail sur le terrain va souffrir. Ils n?hésitent pas à interpeller le gouvernement par rapport à la politique de «put people first»? Ils ont décidé d?entamer une action légale, par rapport à certaines clauses de leur contrat qui n?auraient pas été respectées. Ils ont alerté la Commission des droits de l?homme.

Au Trust fund, on reste prudent. D?autres contrats vont arriver à expiration et de nouveaux départs pourraient intervenir. Entre-temps, dix nouveaux travailleurs sociaux ont été recrutés et ils seront formés par les co-ordinateurs de l?organisme.

Mario Legrand, le président du Trust fund, assure que les licenciés toucheront leur dû, «selon les termes de leurs contrats ». «Ils savaient que leur contrat était à durée déterminée. Ils ont d?ailleurs remplacé eux-mêmes des gens qui étaient là avant eux.» Il maintient également que le travail va continuer sur le terrain. «Il n?est absolument pas remis en question, comme ces travailleurs sociaux essaient de le faire croire.»

Mais entre-temps, Christiane Anthoo, Jacques Harmon, Edley et leurs collègues se retrouvent dans une situation de vulnérabilité, sans emploi et le moral à zéro. Et d?autres devraient leur emboîter le pas, passant ainsi du statut de travailleur social à celui d?assisté.

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