Publicité
Raddhoa aurait tenté de kidnapper Bernard Maigrot
Par
Partager cet article
Raddhoa aurait tenté de kidnapper Bernard Maigrot
?Mo bizin li, mo bizin kestionn li. Mo pou pran li mo pou ale.? Ces mots auraient été prononcés par l?ancien inspecteur Prem Raddhoa alors que Bernard Maigrot donnait sa déposition à la Major Crime Investigation Team (MCIT) le 24 mars 2001. C?est ce qui a été affirmé hier lors de l?enquête préliminaire sur la mort de la styliste Vanessa Lagesse, présidée par le magistrat Azam Neerooa.
Faisant le récit de l?incident impliquant Raddhoa et son équipe de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe, le sergent Jacques Burty Nookaloo a hier expliqué que ce jour-là, Bernard Maigrot, principal suspect dans l?assassinat de la styliste Vanessa Lagesse, était à la MCIT vers 9 h 45 pour consigner sa déposition. Il était accompagné de Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, et Me Yves Hein.
Le sergent Nookaloo affirme qu?il rédigeait la déposition de Bernard Maigrot en présence de l?ancien patron de la MCIT, le surintendant Gyan Unmar, de l?assistant surintendant Bala Kamachi et du Detective Inspector Daniel Monvoisin quand, vers 13 heures, Prem Raddhoa et son équipe ont fait irruption à la MCIT. Il aurait fait des reproches au sergent Nookaloo, ?koumsa ki pran lanket dans murder case ?? et aurait dit qu?il allait emmener le suspect. Le surintendant Unmar l?aurait rappelé à l?ordre et lui aurait ordonné de vider les lieux. Et, selon le sergent Nookaloo, vu son attitude provocante, le SP Unmar ?put him out of office?. Me Collendavelloo, présent lors de l? incident, a fait inscrire dans la déposition que Prem Raddhoa a tenté de kidnapper son client. Il ajoute qu?il avait une attitude menaçante à l?encontre de Maigrot. Le SP Unmar lui aurait d?ailleurs ordonné de ne pas s?approcher de ce dernier. Prem Raddhoa et ses hommes sont ensuite partis vers 13 h 50.
Contre-interrogé par Me Collendavelloo, le sergent Nookaloo déclare avoir donné l?avertissement d?usage à Bernard Maigrot avant de consigner sa déposition. Celui-ci, dit-il, a donné et signé volontairement sa déposition. Et aucune charge n?a été logée contre lui ce jour-là.
Q : Est-ce que l?inspecteur Raddhoa faisait partie de l?équipe de la MCIT?
R : Non. Il n?avait rien à faire avec cette enquête.
Q : Il était responsable de l?équipe de la CID de Curepipe ?
R : Oui.
Q : Est-ce qu?un inspecteur de police qui n?est pas membre de la MCIT peut interroger un suspect sans aucune instruction ?
R : Je ne peux dire s?il a eu des instructions.
Q : Vous n?avez jamais été mis au courant que Prem Raddhoa a obtenu l?autorisation pour questionner Bernard Maigrot ?
R : Non.
Q : Tous les documents relatifs à cette affaire se trouvent dans le dossier de la police ?
R : Oui.
A d?autres questions, le sergent a répondu que ce dossier est sous la responsabilité du SP Unmar. Il explique que quand il a interrogé Bernard Maigrot le 24 mars 2001, le dossier était devant lui et que c?est le Detective Inspector Monvoisin qui posait des questions en s?y référant. Il rappelle, en outre, avoir rédigé sa déposition datée du 9 novembre 2001 relatant en détails l?incident du 24 mars 2001 impliquant Prem Raddhoa. Me Collendavelloo l?a invité à produire cette déposition. Mais Me Prameeta Chittoo, Senior State Counsel, y a objecté. Les débats auront lieu ce matin.
Par ailleurs, le sergent Nookaloo a également donné lecture de la déposition de Bernard Maigrot au cours de l?audience. Le suspect y déclare avoir appris la mort de Vanessa Lagesse par Helène de Senneville et Martine Desmarais, qui sont venues le voir. Il explique avoir été très étonné. Il souligne qu?il connaît bien Vanessa Lagesse puisqu?ils avaient été amants pendant dix ans. Il déclare, en outre, qu?il a délaissé son épouse pendant deux ou trois ans pour aller vivre avec Vanessa Lagesse. Puis, ils ont rompu et il est revenu vers sa femme et ses deux enfants. Il ajoute qu?il rencontrait souvent la victime dans des hôtels ou des foires commerciales à l?étranger et confirme avoir eu des relations sexuelles avec elle le 6 mars 2001 dans son bungalow à Grand-Baie. ?Je n?ai jamais frappé Vanessa Lagesse. Même après notre séparation, j?ai continué à la voir et à lui téléphoner? J?ai pleuré et j?étais triste en apprenant sa mort.?
Publicité
Publicité
Les plus récents