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N?Djamena vacille sous les coups de la rébellion
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N?Djamena vacille sous les coups de la rébellion
La France condamne toute tentative de prise de pouvoir par la force au Tchad, en proie à une offensive de la rebellion hostile au président Idriss Déby, a déclaré hier le ministère des Affaires étrangères français. ?Le dispositif français au Tchad (1 200 hommes) a été placé en état d?alerte?, a-t-il ajouté, en renvoyant au ministère de la Défense pour les ?aspects opérationnels?. ?La France est attachée à la stabilité du Tchad, dont la position centrale en Afrique constitue un point d?ancrage très fort pour la stabilité du continent dans son ensemble?, a déclaré le porte-parole du Quai d?Orsay, Jean-Baptiste Mattéi.
La situation militaire est en effet extrêmement tendue et confuse dans l?est du Tchad. Selon le ministre de la Défense tchadien, l?armée a repris aux rebelles du Front uni pour le changement (FUC) le contrôle de la ville de Mongo (400 km à l?est de N?Djamena), que plusieurs centaines de rebelles du FUC avaient investie avant-hier à la mi-journée. ?La ville de Mongo est sous contrôle de l?armée tchadienne depuis 19 heures mardi soir?, a affirmé, hier, le ministre de la Défense tchadien Bichara Issa Djadallah.
?Les rebelles se sont dispersés dans la région et, depuis ce matin, l?armée tchadienne les poursuit (...). La situation est sous contrôle?, a-t-il insisté.
Une information que dément la rébellion.?Mongo n?a pas été reprise par l?armée tchadienne, c?est complètement faux?, soutient Abdoulaye Abdelkerim, membre du bureau exécutif du FUC. ?Un hélicoptère de l?armée tchadienne a bien bombardé avant-hier soir la ville mais une partie de nos forces se trouve toujours actuellement à Mongo?, a poursuivi le porte-parole des rebelles.
La prise de Mongo par les rebelles était intervenue après une série d?attaques qui ont permis en deux jours au mouvement rebelle, soutenu, selon N?Djamena, par le Soudan voisin, d?occuper dimanche la garnison d?Haraz Manguegne (sud-est du pays), près de la frontière centrafricaine, et lundi la localité de Koukou (Est), à 50 km au sud-est de la ville de Goz Beïda.
?Il s?agit d?une seule et même opération dont l?objectif ultime est la capitale, N?Djamena, et la chute du président Déby?, a expliqué avant-hier Moussa Issa, ancien préfet récemment passé dans la rébellion.
Le coup d?envoi de cette grande offensive rebelle a été donné au lendemain des violents combats qui ont opposé le 30 mars l?armée aux hommes du FUC autour de la localité de Moudeïna, dans l?extrême est du pays. Cette bataille s?est notamment soldée par la mort du chef d?état-major de l?armée de terre et neveu du chef de l?état, le général Abakar Youssouf Itno. ?Depuis l?attaque de Moudeïna, l?armée tchadienne est en difficulté parce que les incursions viennent de partout?, a commenté un responsable militaire. ?La bataille de Moudeïna a été un tournant car de nombreux chefs ont été tués, ce qui a porté un gros coup à l?organisation de l?armée et à son moral?, a-t-il ajouté sous le couvert de l?anonymat. Après ce choc, ?toutes les troupes disponibles sont parties vers l?Est?, selon ce responsable.
Le 23 mars, le président Déby avait annoncé la victoire de ses troupes sur une autre rébellion, le Socle pour le changement, l?unité nationale et la démocratie (SCUD), et assuré avoir ?mis un terme à tous les désordres? dans l?Est. à peine deux semaines plus tard, la position du numéro un tchadien, au pouvoir depuis 1990 et grand favori du scrutin présidentiel du 3 mai boudé par l?opposition, n?a jamais parue aussi fragile.
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