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De l’austérité

12 avril 2006, 00:00

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Les prévisions du Central Statistics Office (CSO) concernant la croissance économique en 2005 sont à nouveau décevantes. Le pays se prépare donc cette année à enregistrer un taux de croissance inférieure à 5 %… pour la cinquième année consécutive ! En plus, les analystes de l’Etat nous apprennent que le pays n’avait même pas fait 3 % l’année dernière mais 2,7 % seulement, un des taux les plus bas de la dernière décennie.

Jusqu’ici, nous n’avions pour principale préoccupation que nos industries d’exportation, notamment le sucre et le textile. La confection était à elle seule largement responsable du faible taux d’expansion économique. A en croire la dernière édition du “National Accounts Estimates”, il faut désormais commencer à se soucier de l’industrie à vocation domestique.

Ce secteur qui emploie 50 000 personnes et qui contribue environ 15 % au produit intérieur brut (PIB) souffre de la concurrence des produits importés. Ce n’est pas un hasard si la Chine et l’Inde occupent désormais les premières places au hit-parade des pays fournisseurs de Maurice.

La croissance des importations a donc un double effet négatif : elle creuse le déficit commercial et la balance des paiements et elle met à mal l’industrie locale. Néanmoins, les consommateurs, eux, y trouvent leur compte puisque, selon le CSO, la hausse des prix a entamé leur pouvoir d’achat, et que les produits en provenance de Chine et d’Asie sont moins chers en général.

La diversification de nos principales sources d’approvisionnement est la bienvenue car elle était un des moyens préconisés pour lutter contre l’inflation. L’arrivée de produits moins chers découle d’un besoin que des commerçants avertis ont bien senti. Le Mauricien consomme toujours mais a baissé en gamme. Tant mieux. C’est une première étape pour apprendre à vivre conformément à ses moyens. Dommage que cette tendance ne se dessine que maintenant.

Une des conséquences de la hausse des prix soutient le CSO est que la croissance du secteur commercial baissera par 0,5 % par rapport à l’année dernière. La croissance réelle de la consommation des ménages devrait également reculer cette année mais rester élevée à 6,1 %. Il s’ensuit que ce n’est que lorsqu’il est contraint et qu’il ne peut faire autrement que le Mauricien consent à freiner sa frénésie de consommation.

Pour l’aider dans cette voie, on pourrait, comme la Mauritius Chamber of Commerce and Industry, imaginer des mesures fiscales, salariales et de politique de taux de change pour contrôler la demande. Cela s’appelle une politique d’austérité. Le gouvernement a raté une excellente occasion de réintroduire cette notion en baissant de 10 % le prix de l’essence.

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