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L?offshore a tiré bénéfice des lois anti-blanchiment

11 avril 2006, 00:00

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Maurice n?a pas ménagé ses efforts pour être dans les bons papiers de la Financial Action Task Force, instance internationale chargée d?émettre et de veiller au respect des règles pour combattre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme.

Une étude réalisée sur le secteur offshore local conclut que les coûts associés à la mise en place d?un nouvel encadrement légal et institutionnel ont en fait été profitables aux entreprises de ce secteur. Les efforts des autorités et des opérateurs de l?offshore ont un coût, mais aussi des bénéfices. Le Commonwealth Secre-tariat organise depuis hier un séminaire de deux jours pour analyser ces aspects des lois et règlements contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Quantitativement, entre 2002 et 2005, les nouvelles lois et institutions ont coûté entre 15 et 18 millions de dollars aux management companies et entre 4 et 5 millions de dollars aux banques offshore. Ces coûts additionnels se déclinent sous la forme de nouveaux équipements informatiques, de formation plus poussée pour le personnel et de frais administratifs additionnels.

Pour le gouvernement, les nouvelles lois et institutions contre le blanchiment et le financement du terrorisme ont coûté $ 1 170 000. Les frais annuels pour maintenir le système à jour s?élèvent à $ 665 000.

Mais la perception que les nouvelles lois ont coûté de l?argent pour rien aux opérateurs du privé semble non fondée, pour les auteurs d?un rapport sur Maurice dont une ébauche a circulé au séminaire d?hier. Au contraire, les opérateurs du secteur offshore ont bénéficié de ce nouvel encadrement. 65 % des management companies ont vu leurs profits augmenter tandis que 16 % des compagnies dont les revenus ont augmenté ont eu ces revenus absorbés par des coûts additionnels.

Le rapport indique que 88 % des banques offshore et 58 % des management companies ont enregistré une croissance de leurs activités, tandis que 11 % des banques et 35 % des management companies ont enregistré le phénomène inverse.

Des lois contraignantes

Des entreprises sondées ont mis en garde contre la conclusion qu?il existe une corrélation directe entre les lois anti-blanchiment et l?accroissement des activités dans l?offshore.

Pourtant, les auteurs du rapport estiment qu?il est difficile d?exclure entièrement toute relation entre les deux. Le fait que les plus grandes sociétés ont vu leurs affaires prospérer tandis que les petites étaient en déclin est justement un des effets d?une réglementation robuste dans le secteur financier.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, concède que les lois anti-blanchiment et contre le financement du terrorisme ne sont pas exemptes de contraintes. Les consommateurs et opérateurs honnêtes doivent subir les mêmes vérifications administratives que ceux qui blanchissent de l?argent. Les contrôles peuvent être des obstacles aux affaires.

Les coûts additionnels des contrôles excessifs ne peuvent être sous-évalués surtout pour une juridiction comme Maurice, confrontée à la compétition internationale dans les services financiers. Néanmoins, on ne peut prendre le risque de ternir notre réputation au niveau mondial, déclare Rama Sithanen.

Le séminaire est animé par deux consultants, Percy Mistry, président d?Oxford International, et Iqbal Rajahbalee, chief executive de Barrister and Legal Consultant. Il est le deuxième d?une série de trois séminaires qui devraient déboucher sur un rapport plus complet. Il sera étudié à la prochaine réunion des ministres des Finances du Commonwealth, en septembre, au Sri Lanka.

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