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Le taux de croissance pour 2006 revu à la baisse

11 avril 2006, 00:00

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Les premières prévisions pour l?économie cette année sont mauvaises. La croissance économique pour 2006 devrait être inférieure aux prévisions initiales faites en décembre 2005. Elle sera de 4,7% au lieu de 5,1% annonce le Central Statistics Office (CSO) dans les National Accounts Estimates publiés hier. La croissance hors sucre sera de 4,6 % contre les 5 % prévus auparavant.

Cette révision à la baisse est de mauvais augure car ces dernières années, les perspectives de croissance ont constamment été ramenées vers le bas à chaque trimestre. D?ailleurs, le CSO a hier estimé que la croissance a été de 2,7 % en 2005 et non de 3 % comme annoncé au départ.

Pour l?année 2006, la révision à la baisse de l?expansion économique est surtout attribuable à une récolte sucrière attendue de 550 000 tonnes, soit inférieure à la normale, qui est de 570 000 tonnes. Le CSO tient compte des conditions climatiques défavorables qui pourraient affecter la production de sucre. Il y a eu une saison sèche entre octobre et décembre 2005 et des pluies excessives en février, suivies par la tempête Diwa.

Par ailleurs, la performance du secteur manufacturier non-zone franche devrait également influer négativement sur l?augmentation du produit intérieur brut. Le secteur sera affecté par la compétition croissante des produits importés pour n?enregistrer qu?une expansion modeste de 1 % seulement en 2006 contre 5,8 % en 2003 et 6 % en 2004. En 2005 aussi le secteur manufacturier non-zone franche avait souffert de la concurrence des produits importés et avait eu une croissance de 1 %.

Bonnes prévisions pour le tourisme

Le commerce pèse aussi négativement sur la croissance du pays. Le secteur devrait croître de 4,5 % en 2006 contre 5 % en 2005 en raison d?un ralentissement de la consommation, lui-même attribuable à la hausse des produits de consommation courante, estime le CSO.

Au niveau du tourisme, les prévisions sont plutôt bonnes et tendent à minimiser l?impact du chikungunya. A la lumière des taux de croissance à deux chiffres enregistrés au niveau du nombre de touristes en janvier et février, on aurait pu s?attendre à une performance supérieure à celle prévue en décembre 2005. Néanmoins, à cause du chikungunya et des annulations enregistrées dans les hôtels, le CSO maintient à 7,8 % la croissance du nombre de touristes qui devrait donc s?établir à 825 000 cette année. Les recettes devraient toutefois augmenter pour atteindre Rs 29,4 milliards contre Rs 25,7 milliards l?année dernière.

Le CSO est également optimiste pour le secteur de la construction qui devrait se remettre après une mauvaise année 2005. Il s?attend à un taux de croissance de 5 % dans ce secteur, contre une contraction de 4,4 % l?an dernier. Le CSO mise sur les projets de construction d?hôtels et d?Integrated Resorts Scheme (IRS) pour cette reprise.

C?est le même optimisme qui prévaut dans la zone franche et sa principale composante le textile-habillement, même si on devrait rester dans le rouge. La contraction dans la zone franche devrait être de 4 % contre 12,3 % l?an dernier. Les entreprises de textile et de confection continuent à souffrir de la compétition des pays à faible coût de production, mais les efforts de restructuration commencent à payer.

Par ailleurs, le CSO s?attend à une hausse du taux de consommation des ménages et du gouvernement qui devrait se situer à 5,6 % en 2006 contre 6,8 % l?année dernière. L?épargne nationale chutera, passant de 17,4 % à 14,6 %.

Le taux d?investissement devrait augmenter pour passer à 26,5 % en 2006 contre 21,2 % en 2005. Toutefois, si l?on exclut l?achat de deux avions par Air Mauritius, il devrait être de 21,5 %, légèrement plus élevé que les 21,52 % de l?année dernière. L?investissement, en terme nominal, devrait augmenter par 34,7 % mais cela est attribuable à l?achat des deux avions. Ces acquisitions exclues, la croissance de l?investissement sera de 4,5 % en 2006 contre une baisse de 1,4 % en 2005.

La part du privé dans l?investissement total passera de 69,3 % en 2005 à 58,8 % en 2006. Inversement, celle du gouvernement passera de 30,7 % à 41,2 % en raison de l?achat des avions .

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