Publicité
Vers un système de retraite en accord aux nouvelles exigences économiques
Par
Partager cet article
Vers un système de retraite en accord aux nouvelles exigences économiques
Évolution démographique oblige, tout le monde est d’accord sur la nécessité d’une réforme du système mauricien des pensions. Le professeur Nicolas Barr est actuellement à Maurice. Invité par l’université de Maurice, où il a donné une conférence hier, il a parlé du système des pensions de la Grande-Bretagne.
D’emblée, il a précisé que le but n’est pas de donner des leçons à Maurice sur le système des pensions. Il a voulu apporter un éclairage sur ce sujet qu’il connaît bien. Nicolas Barr est membre du département économique à la London School of Economics et auteur de plusieurs ouvrages traitant de l’État providence.
Le professeur Nicolas Barr est parti d’un constat simple : le départ à la retraite des baby boomers ne sera pas compensé par l’arrivée de nouveaux actifs. Le niveau des cotisations, établi selon le principe de la répartition, risque d’être inférieur aux besoins de financements des retraites.
“L’une des solutions pour préserver les niveaux de pension est d’allonger la durée d’activité et la durée d’assurance”, souligne Nicolas Barr. Ainsi encourager le maintien dans la vie active des personnes proches de la retraite permettrait d’augmenter le volume des pensions. Selon lui, il faut ajuster le système de retraite actuel aux nouvelles configurations économiques
Confrontée au vieillissement de sa population, la Grande-Bretagne a créé une commission sur les retraites. Selon le professeur Barr, alors que l’âge de la retraite est à 65 ans en Grande-Bretagne, le rapport de la commission propose d’augmenter progressivement cette limite à 66 ans en 2030, à 67 en 2040 et enfin à 68 en 2050. En ce qui concerne les femmes, l’âge légal est actuellement de 60 ans. Il sera porté à 65 en 2020.
Par ailleurs, il a aussi donné l’exemple du système de retraite suédois. Ce système d’avant la réforme, qui comprend la pension nationale de base et la pension complémentaire, a été construit pour un niveau élevé de croissance économique. Les faibles taux de croissance des deux dernières décennies, combinés avec le nombre croissant de retraités percevant des retraites élevées, ont révélé la faiblesse du régime.
Avec la réforme, les composantes du nouveau régime sont comme suit : une pension proportionnelle liée aux revenus de toute la vie active, un régime par capitalisation et une pension garantie. La cotisation est fixée à 18,5 %. 16 % de la cotisation seront destinés à financer la retraite par répartition. 2,5 % sont destinés à la capitalisation. Les assurés pourront choisir un gestionnaire de fonds.
Le système de réforme des pensions doit être pris en considération par les politiques. Les pays comme la Suède et la Grande-Bretagne ont pris le taureau par les cornes. Si rien n’est fait, Maurice risque elle aussi de se retrouver avec un régime de pension à bout de souffle.
Publicité
Publicité
Les plus récents