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Patrick Rivalland, un label mauricien
Dresser le portrait d?un directeur financier qui vient d?être élu président de l?Association of Mauritian Manufacturers (AMM), de quoi épuiser le commun des mortels, pourrait-on croire ! Mais Patrick Rivalland est étonnant, il est à la portée de tous. C?est le genre d?homme qui laisse, quand il passe, un sillage derrière lui. Il est trop nature, trop sympathique, trop chaleureux.
Au tiroir les chiffres d?affaires, les capitaux, les stocks options, les chèques. Sa signature c?est son sourire clair, sa voix tranquille, son regard attentif. Il arrête de brasser les affaires le temps de l?interview, ne prend plus les appels, dénoue sa cravate, partage un soda avec vous. L?homme submergé, qui a couru toute une journée de « boards » en « boards », fait une halte. Il est là, généreux de son temps. Prêt à vous répondre. Sans calculer.
Jeune, il voulait être pilote d?avion, puis il s?est senti attiré par l?architecture. Finalement, il a étudié les sciences au collège pour enfin devenir expert-comptable à 22 ans. Avouez que Patrick Rivalland est un drôle d?oiseau. C?est vrai que jusque-là, il ne s?asseyait pas sur une pile de certitudes. Mais cela ne l?a pas empêché d?être classé septième dans sa cuvée HSC.
D?ailleurs, cela doit être le chiffre fétiche de la troisième génération de son patronyme. Son grand-père était lauréat en sciences ; son père, Christian, qui est actuellement conseiller au bureau du Premier ministre, était lauréat en lettres. Mais son frère et lui ont dérogé à cette tradition pour être tous deux classés septième.
« Je n?aime pas regarder en arrière, s?il y avait quelque chose à refaire, je ne changerai rien. Mais la seule zone d?ombre, quand j?y pense, c?est que si j?avais été studieux, j?aurais pu être lauréat. J?aurais perpétué une tradition. Mais cela dit, on n?en fait pas toute une histoire », confie Patrick.
« J?ai mon mot à dire dans tout »
Après des cours en ACCA en Angleterre, Patrick revient au pays et occupe le poste d?auditeur à la DCDM pendant deux ans, puis celui d?Invest-ment Manager au Sugar Industry Pension Fund. Et depuis 99, il est casé au Phoenix Beverages Group. Il nous raconte son métier en une phrase : « Beaucoup de réunions, des décisions d?achats, le financement des projets. Je touche à tout, des matières premières au produit fini, j?ai mon mot à dire dans tout. » Normal, c?est lui qui a le portefeuille de la compagnie.
Il voyage beaucoup aussi. Entre l?Inde et l?Europe en passant par Singapour, la Malaisie et l?Afrique du Sud. Il négocie avec les fournisseurs, traite les exportations, traque les pays où la compagnie peut s?installer. « Le travail c?est ce qui forme la trame de votre vie. Dans un monde qui bouge vite, il faut sans cesse innover, essayer de faire mieux. Je n?aime pas cultiver pas de statut quo », explique-t-il.
Cela tombe bien, car il aura du pain sur la planche avec l?AMM dont il est membre depuis deux ans. Il succède à Jacques Li Wan Po. « Cette association regroupe une centaine de compagnies locales et a pour mission de préserver notre industrie qui est fragile. »
Contexte économique difficile, compétition des compagnies importatrices des pays qui produisent en masse, baisse des tarifs. L?association doit se battre pour que survive l?industrie mauricienne qui emploie environ 55 000 personnes. « Je mettrai mon expérience et ma compétence au service de l?association. Ce sera aussi une manière pour moi d?apprendre », explique Patrick Rivalland.
Parallèlement, sa crainte est de ne pas voir grandir ses deux fils, Grégory et Xavier, cinq et six ans respectivement. Après le boulot, il essaye de se rattraper, de passer du temps avec eux. « Je joue avec eux et le week-end, ça nous arrive de cuisiner ensemble. » Pendant que le papa gâteau, fan de viande et de pâte, se met aux fourneaux, les petits mélangent les ingrédients, tout en éclaboussant partout, ce qui remplit Patrick de bonheur. Ses prochaines vacances, il les imagine en famille loin de tout, sans pression avec de la neige en prime et des manèges à Euro Disney.
En attendant, il se contentera de la Playstation qu?il a achetée pour son fils en décembre, et de l?eau fraîche, sa boisson préférée. Et s?il y a une bagarre quelque part, il fera tout pour calmer les choses, et s?il y a quelqu?un qui est en difficulté, il fera tout pour le sortir du pétrin. « On dit que j?en fais trop, que je sors trop de mon chemin pour aider les gens mais quand on aide quelqu?un on ne le fait pas à moitié. Et puis je suis contre les conflits, cela ne sert jamais à rien. Je crois dans les consensus », avance-t-il.
C?est vrai qu?il a l?air de s?intéresser aux gens. Vous posez des questions, il vous en pose aussi, avide d?apprendre de vous, prêt à réfléchir sur lui. Il déteste le mensonge, l?hypocrisie. Il apprécie la sincérité, l?honnêteté. Au final, un sans faute pour ce directeur et président de 33 ans qui n?a pas laissé percer un seul défaut.
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