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L?horrible fin d?un homme sans histoires

2 avril 2006, 00:00

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Une chaleur torride règne à Roches-Brunes. En deuil, hommes et femmes défilent dans l?immense salon de la famille Ramiah pour rendre un dernier hommage à Ramesh, un aubergiste de 63 ans. Ce dernier a été tué à coups de sabre chez lui par un intrus dans la nuit de mardi à mercredi. Jeudi après-midi, parents et amis se recueillent, unis dans la douleur. Ils attendent la levée du cercueil. Pendant qu?un pasteur fait les dernières prières, Devi, l?épouse du défunt ne peut retenir son chagrin. « Ram, to pe kit to lakaz to pe ale. Kifer to pe kit nou ? » se lamente-t-elle.

Quelques minutes plus tard, des hommes demandent à la foule de faire un passage pour qu?ils puissent transporter la dépouille dans la cour. Des voisins qui n?ont pu se frayer un chemin dans la maison, attendent au seuil de la porte pour voir une dernière fois celui qu?ils ont côtoyé depuis de nombreuses années.

« Ti enn bon dimoun sa Ram la. Get enn kout ki zot inn fer avek li. Pa ti bizin koup li koumsa », laisse échapper un homme dans la foule. « Li pa merit enn lamor parey », lance un autre. La tristesse se lisait sur le visage de tous. Certains se demandent comment, d?autres pourquoi. Quelle haine s?est emparée de l?agresseur lorsqu?il a assené plusieurs coups de sabre à Ram ?

Et pourtant cet acte barbare n?est pas un cas isolé. En novembre dernier, les habitants de Roches-Brunes basculent dans l?horreur en apprenant la mort de Vanessa Pouronne. Le meurtre avait eu lieu à 500 mètres du domicile des Ramiah. Et à chaque fois, on se demande ce qui peut pousser des individus à s?acharner à ce point sur leur victime.

Un sentiment de colère

Si la mort de Ram a laissé un grand vide chez ses proches et amis, certains d?entre eux éprouvent un sentiment de colère. « Ti bizin amand laloi pandi pou detrir sa tigit dimounn ki pe detrir sa pei la. Mo kone ena dimounn pou kont sa. Fode form parti fami viktim pou konn sa soufrans la. Mo etone ki kriminel relarge apre », lance Rajen, un marchand de fruits et ami de la victime.

Pour Vassen, un chauffeur de taxi qui habite la localité, les gens ne se sentent plus en sécurité chez eux comme à l?extérieur. « Kriminel relarge. Se enn move sign. Nepli kapav mars trankil lor simin aster la. Bann kriminel kone ki la loi pa sever. Zot pli proteze ki nou aster le. Se normal ki zot rekoumanse ». Raj, le neveu de Ram, est hors de lui. Il tente de recoller les morceaux.

Cela fait 18 ans que le couple Ramiah et leurs deux enfants, Bevin et Benita, se sont installés à Roches-Brunes. Cinq ans plus tard, l?idée leur vient de construire une auberge à l?étage. Au départ, le business rapporte des fruits. « Ram ti pe loue lasam avek selman bann etranze. Tou ti pe mars korek », confie Raj. Mais au fil du temps, la clientèle diminue. Ne pouvant joindre les deux bouts, Ram n?a pas d?autre choix que d?accepter la clientèle mauricienne. « Se sa ki finn koz so lamor. Ram ti dekouver ki ennn koupl abitie loue lasam e ti pe droge. Letan li finn refiz donn zot lasam, boug la finn vanze », poursuit Raj.

Des hurlements ameutent la maison

La nuit du drame, aux alentours de minuit, tout est calme à Roches-Brunes. Chez les Ramiah, le couple et leur fille âgée de 16 ans dorment à poings fermés lorsque soudain, des pas se font entendre sur le toit de la maison. Ram sort du lit et va dans le salon pour voir ce qui se passe. C?est alors que des hurlements ameutent la maison et le voisinage. Après quelques minutes, une vitre vole en éclats. L?un des voisins sort de chez lui et voit un homme vêtu d?un blouson noir s?enfuir.

Lorsqu?il se rend chez les Ramiah, un spectacle horrible s?offre à ses yeux. Ram est à genoux dans le salon, les mains sur le visage, couvert de sang, et avec trois doigts sectionnés. Le voisin tente de relever le vieil homme qui assure qu?il peut marcher. Devi et Ashita, qui ont été tirées de leur sommeil, sont horrifiées. Elles ne comprennent pas ce qui est arrivé.

Ram est transporté à l?hôpital. Avant de subir une intervention chirurgicale, il aura le temps de dévoiler l?identité de son agresseur à un proche. Vers quatre heures, il succombera à ses multiples blessures.

La Criminal Investigation Division de Stanley a procédé jeudi à l?arrestation de Lindley Louis, un ancien client de la victime. Celui ci est passé aux aveux et a comparu en cour de Rose-Hill vendredi sous une accusation de meurtre.

À FLIC-EN-FLAC

La dernière tournée de Gos

C?est dans l?indifférence que la nouvelle du meurtre sordide de Krishna Persand, surnommé « Gos », 43 ans, a été accueillie, tôt mardi, à Flic-en-Flac. Nul n?a été surpris par la fin tragique de cet homme qui aimait bien boire avec des amis jusque tard dans la nuit. C?est ce qui l?aurait mené à sa perte. Son corps a été découvert vers 8 heures mardi, à quelques mètres de la plage. Gos portait des traces de blessures à la tête. Il aurait eu une violente dispute avec des amis la veille et le rapport d?autopsie a révélé qu?il y a eu compression au niveau du cou.

Chez les proches de la victime à Flic-en-Flac, personne ne veut faire de commentaire. « Nou pena narien pou dir. Gos pas ti res zis kot nou. Li ti pe dormi partou. » Les habitants du village semblent indifférents à la disparition de Gos. La plupart d?entre eux s?inquiètent surtout pour leur sécurité. « Nous avons peur de marcher la nuit après avoir appris cette terrible nouvelle », nous confie Sweety. Dev, un habitant de la localité, craint aussi pour sa sécurité et celle de sa famille. « Dimounn etranze vini sirtou dans week end. Nous prefer res dan nou lakaz asoir parski pei la pe vinn bien danzere. Mo pense ki ti bizin amende lapenn de mort pou redres pei. Se sel solision ki reste. »

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