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Retour sur un crime atroce

2 avril 2006, 00:00

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Le 30 janvier 2005, Prabakar Takah, 19 ans, vigile chez Gray Security, monte la garde au campement Mallac. C?est là que réside Mujeeb Mir, 34 ans, héritier d?un empire de tapis persans en Inde, et directeur de Cottage Industries Exposition Ltd (CIE).

La nuit vient de tomber sur Cap-Malheureux et le vigile attend avec impatience son ami, Navin Koonjul, 35 ans, un chauffeur de taxi. Ayant plusieurs mauvais coups à son actif, Takah vient de concocter un plan avec Koonjul pour s?attaquer à Mir.

L?homme richissime est une proie facile car il vit seul. Deux jours auparavant, le vigile a acheté du ruban adhésif et une corde avec les Rs 100 que lui avait remises Koonjul pour mettre leur funeste plan à exécution.

Il est déjà tard lorsque le duo infernal frappe à la porte de Mujeeb Mir. Le chauffeur de taxi se fait passer pour le réparateur du système d?alarme. Dès qu?ils sont à l?intérieur, Takah se jette sur Mujeeb Mir avec sa matraque.

Ils dédaignent sa montre Cartier de Rs 300 000, mais jettent leur dévolu sur ses téléphones portables et ses cartes de crédit, puis passent Mir à tabac pour qu?il leur révèle ses codes.

« How much do you want ? », demande Mir qui les supplie de le laisser en vie. Mais les deux hommes, qui ont obtenu les codes, ne veulent pas laisser de témoin gênant derrière eux. Avec l?aide du jardinier Ranjiv Mungrah, 28 ans, ils le fourrent dans un sac poubelle et l?embarquent dans le coffre de sa petite voiture de location.

Koonjul contacte alors Rajiah Dookee, 29 ans, maître d?hôtel de St-François, localité où tous résident, « pou bouz enn loto ». Mais Dookee refuse de conduire la Hyundai Getz de Mujeeb lorsqu?il se rend compte qu?une personne est enfermée dans le coffre.

Dookee abandonne alors le trio, mais ne dit rien à une patrouille de police qui passe, alors que ses comparses emmènent l?Indien au beau milieu d?un champ de cannes à La Salette, Grand-Baie. Là, ils le battent à tour de rôle. Takah abat sa matraque sur le malheureux en lançant : « B? sa li pa pe mor mem. »

Le massacre se poursuit

Il demande ensuite à Mungrah d?apporter des débris de maçonnerie éparpillés sur place pour essayer d?achever Mir. Takah le frappe avec des pans de béton pour lui fracasser la tête, mais le jeune homme s?accroche désespérément à la vie.

Le massacre se poursuit et Koonjul passe la voiture sur le corps de Mujeeb Mir à trois reprises. Comme ce dernier n?a pas rendu son dernier souffle, Takah conseille alors à Mungrah de trouver des fatak et de la paille pour mettre le feu au véhicule, ne laissant ainsi aucune chance à leur malheureuse victime qui ne voulait qu?une chose : vivre.

Dans l?affidavit réclamant une révision judiciaire de la remise en liberté sous caution des meurtriers, la famille Mir revient sur ces atrocités. Elle se dit choquée que les malfrats aient été libérés, surtout vu comment Mujeeb a été tué.

Dans ce même affidavit, l?un des employés de la CIE, qui a été assigné comme témoin dans l?affaire, dit craindre pour sa sécurité. Les avocats des suspects contre-attaquent et Me Raouf Gulbul parle « d?ingérence » après que la famille Mir a été reçue par le Premier ministre, Navin Ramgooolam, et le président de la République, sir Anerood Jugnauth. Une affaire à suivre?

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