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Un deuil de 40 ans
par Nitin LECKRAJ
Après une longue attente, les Chagossiens ont enfin pu entamer leur pèlerinage sur leur île natale.
Quarante longues années se sont écoulées depuis que ce peuple a été déraciné de ses terres pour être déporté dans les faubourgs port-louisiens et étrangement, la société mauricienne est resté insensible devant le calvaire subi par ce peuple insulaire.
Le calvaire des Chagossiens aurait dû nous interpeller dès le départ. Qu?on le veuille ou non, notre indépendance a été acquise au prix du déracinement de ces malheureux «îlois».
L?accession de notre pays à l?indépendance figure certes en haut des pages les plus glorieuses de notre histoire, mais force est de reconnaître que ces pages seront éternellement teintées des larmes de douleur de ce peuple déchu.
Le 12 mars, date de notre accession à l?indépendance, est un des rares jours où nos concitoyens brandissent fièrement leur appartenance à la nation mauricienne et où le concept du mauricianisme n?est pas un vain mot.
Pendant que nous Mauriciens fêtons en grande pompe l?accession de notre pays à l?indépendance, les Chagossiens observent le deuil de leur déracinement à l?abri des regards.
Bien que je sois fier d?être Mauricien, moi enfant de la génération post-indépendance et surtout en tant qu?être humain, je ne peux m?empêcher d?éprouver un sentiment de honte et de culpabilité par rapport au drame vécu par les Chagossiens.
Plus que jamais, je pense que la nation mauricienne doit implorer le pardon pour le préjudice causé à ce peuple.
Il est grand temps que nos gouvernants, si prompts, à débourser des millions annuellement pour célébrer pompeusement notre accession à l?indépendance, songent sérieusement à organiser parallèlement une cérémonie symbolique et solennelle pour marquer la déportation des Chagossiens.
C?est le plus grand hommage qu?on pourrait leur rendre car notre seul pardon ne suffira jamais à expier tous les malheurs qu?ils ont subis.
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