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La réforme de l?éducation se décidera devant la justice
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La réforme de l?éducation se décidera devant la justice
Ce sera à la justice de trancher. D?ici mi-avril, Le Mouvement militant mauricien (MMM) déposera une ou deux plaintes pour contester la réforme Gokhool. La cour devra ainsi décider si les examens du Certificate of Primary Education (CPE) se dérouleront selon les nouvelles modalités en 2006.
Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, voyait dans sa Private Notice Question (PNQ) hier une dernière tentative pour inciter le Premier ministre à mettre sur pied un Select Committee sur la réforme. Comité qui aurait été chargé de revoir toute la question de l?introduction du A+ dans le grading au CPE et la création des collèges nationaux.
Mais c?était peine perdue. Navin Ramgoolam n?a même pas répondu à la PNQ et a renvoyé la balle à son ministre de l?Education, Dharam Gokhool, qui ne voit aucune utilité à mettre sur pied un tel comité.
La réplique de Paul Bérenger ne s?est pas fait attendre : dorénavant, devait-il indiquer, lors d?un point de presse après la PNQ, ?la cour est inévitable et nos hommes de loi inn fini pare lor sa zaffer la?. En fait, le dossier est en train d?être finalisé et la plainte qui sera déposée en cour est en préparation.
Selon des indications, il existe même la possibilité que deux plaintes séparées soient déposées. L?une concernerait les enfants qui prennent part au CPE cette année et l?autre ceux qui aspiraient à une place dans les Form VI Colleges, abolis avant même qu?ils ne puissent y accéder.
Pour le gouvernement, toute discussion sur la réforme de l?éducation semble définitivement close. D?ailleurs, tout au long de la PNQ, le PM est demeuré muet, même si Paul Bérenger lui a posé directement plusieurs questions, laissant le soin à Dharam Gokhool d?y répondre. Ce dernier, pour sa part, est resté très évasif sur la justification réelle de cette réforme.
En fait, il ressort que Dharam Gokhool s?appuie principalement sur le programme gouvernemental et sur le rapport du Mauritius Examinations Syndicate (MES) analysant les résultats des examens du CPE de 2004. Ce qui n?a fait qu?attiser la colère de l?opposition. ?Pena rapor MES. Ena zis Examination report ki pe dir ki kompetans en angle pe baisser. MES pe dir mem zaffer depi 15 ans. Le minis pe mislead pei ek the house?, dit Paul Bérenger.
?Fail, fail, fail?
Dharam Gokhool est resté très vague sur le rapport en question et n?en a cité aucun élément. Il se contente de dire que la performance au CPE n?a fait que baisser ces trois dernières années et il montre du doigt son prédécesseur.
?C?est un document officiel. Le même constat est fait année après année. Nous prenons les mesures pour améliorer les choses. Le ministre précédent a ignoré ce rapport et n?a pris aucune mesure?, devait-il dire sous les protestations de l?opposition.
En fait, le fameux rapport indique qu?en ce qui concerne l?épreuve d?anglais au CPE 2004, ?même s?il y a eu une amélioration du taux de réussite cette année, la qualité de la performance a baissé?. Le MES y précise également que ?la tendance observée sur ces dernières années concernant le déclin de l?écriture et la lecture en anglais est persistante et très inquiétante?. Ce constat est surtout justifié par le fait que des enseignants ne ?préparent pas? les candidats pour la rédaction en anglais. L?analyse vaut uniquement pour l?épreuve d?anglais.
Quoi qu?il en soit, au Parlement hier, Paul Bérenger devait déclarer qu?il voit dans les mesures prises par le gouvernement ?une recette qui mènera vers une catastrophe?. ?Ce qu?il propose est pire que le ranking. C?est un ranking sans transparence. Cela ne marchera pas et créera une situation explosive dans le pays.?
Dans sa question, Paul Bérenger voulait savoir si ?la réintroduction d?un processus de sélection à la fin du primaire aura un impact négatif sur le développement psychologique et éducatif des jeunes étudiants et sur le développement des aptitudes en général.? Il n?obtiendra pas de réponse précise de Dharam Gokhool.
?Le processus de sélection n?a jamais été aboli?, affirme-t-il. Lorsque Dharam Gokhool explique que sa réforme vise tous les élèves ?et non pas quelques-uns? et prend en compte ?la justice et l?équité sociale?, les députés de l?opposition fulminent. Le speaker Kailash Purryag doit intervenir.
A un certain moment, le speaker rappellera Dharam Gokhool à l?ordre. ?Vous ne répondez pas à la question !? Ce qui encourage les députés du MMM et du MSM à crier ?fail, fail, fail?. Kailash Purryag doit les rappeler aussi à l?ordre.
?Puis-je demander pourquoi le gouvernement n?accepte pas l?évidence qui est mise en avant par tous les spécialistes?, lance le leader de l?opposition. Citant une lettre de la Société des professionnels en psychologie parue dans l?express hier, il affirme que ?le processus de sélection à onze ans est très mauvais pour le développement psychologique et éducatif de nos enfants?.
Il cite également le Comité des droits de l?enfant des Nations unies qui avait exprimé ses inquiétudes quant à cet aspect de la réforme en début d?année.
Dharam Gokhool demande au leader de l?opposition d?apporter des preuves scientifiques sur ce qu?il avance. ?Le leader de l?opposition est un peu lent à comprendre. Jamais la sélection n?a été abolie et aujourd?hui il y a suffisamment de places dans les collèges privés et publics?, reprend le ministre de l?Education. ?Je ne comprends pas l?inquiétude du leader de l?opposition. Il y avait des obstacles et nous les enlevons?, ajoute-t-il. Le secteur public offrira 10 800 places en Form I en janvier 2007.
Lorsque Sunil Dowarkasing, député MSM, demande si la décision d?appliquer cette réforme ?est motivée par un petit groupe de lobbyistes?, il ajoute de l?huile sur le feu. Dans la mêlée, Dharam Gokhool s?écrie : ?Nous sommes en train d?éliminer les vested interests.?
?L?honorable dame mélange les choses?
Lorsque Françoise Labelle redemande à Dharam Gokhool si le MES a effectué une étude portant sur l?impact psychologique qu?aura la mesure sur les enfants du primaire, Dharam Gokhool trouve que ?l?honorable dame mélange les choses?.
A une question du député rouge Suren Dayal, le ministre de l?Education indique que le MES analyse les différentes questions soulevées de part et d?autre sur cette réforme pour ?mieux équiper les enseignants.?
Ayaj Gunness, député du MMM, prend la relève et demande comment il justifie un récent sondage auprès des enseignants indiquant qu?ils sont contre le A+ à 77 %. Pour Dharam Gokhool, le sondage ne mérite pas d?être considéré parce qu?il n?est pas crédible.
Le député du gouvernement Rajen Mungur veut à son tour savoir si cette réforme introduit une dose de compétition. Le ministre indique ne pas vouloir d?une compétition féroce, mais d?une compétition raisonnable. ?Nous récompensons les enfants qui font davantage d?efforts pour aller plus loin?, souffle-t-il.
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