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Controverse autour d?un dépotoir ?temporaire?

8 mars 2006, 20:00

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?Veut-on accueillir à bras ouverts le virus aedes albopictus qui transmet le chikungunya?, s?interroge Rakesh, cet habitant de Martinière, un patelin situé à quelques mètres du village de Surinam. Il fait allusion à la réouverture du dépotoir non loin des locaux du Central Water Authority (CWA) où les camions appartenant au conseil des districts de Grand-Port-Savanne et d?autres propriétaires de véhicules privés déversent chaque jour des tonnes d?ordures enlevées dans cette région.

?L?odeur putride y est irrespirable sans compter les mouches qui envahissent les cuisines avoisinantes?, témoigne un habitant, qui est passé par là pour aller à Grand-Bassin à l?occasion de la fête Maha Shivaratree.

D?autres habitants trouvent aberrante la décision de rouvrir ce dépotoir alors que le ministère de la Santé et les autres parties concernées conseillent d?enlever les ordures, les pneus usagés et les déchets ménagers pour éviter la prolifération des moustiques. Avec le cyclone Diwa et les torrents de pluie qui ont arrosé l?île ces derniers jours, les habitants, les mères de famille surtout, sont inquiets de voir le va-et-vient des camions remplis d?ordures qui se rendent au dépotoir. ?Avec les ordures qui tombent de ces camions et qui s?envolent parfois du dépotoir lorsqu?il y a de fortes rafales, notre vie commence à être sérieusement perturbée?, dit-on dans le village.

Patience

On ne ne croit pas du tout les arguments avancés par un conseiller selon lesquels la réouverture du dépotoir est temporaire et que cette mesure aidera à combattre le chikungunya. ?Ce dépotoir devient un foyer potentiel de larves. Inutile de vouloir nous convaincre que les ordures seront transférées à Mare-Chicose. Si on le fait, je crois que nous ne serons pas épargnés?, soutiennent les habitants de Martinière. ?Je souhaite que nous n?allons pas vivre le cauchemar des habitants de Mare-Chicose?, ajoute un commerçant qui, chaque jour; subit le tapage du défilé des camions d?ordures sur la route principale et qui passent devant sa boutique.

Ramesh Basenoo, président du conseil des districts de Grand-Port- Savanne, donne sa version . ?C?est une mesure temporaire. Nous avons pris cette décision pour que le ramassage des ordures dans cette région soit effectué le plus rapidement possible. A-t-on pensé au temps et aux inconvénients que cela prendrait si tous ces camions devaient faire le parcours Surinam- Mare Chicose? ?. Selon le président de Grand-Port-Savanne, les habitants doivent faire preuve de patience, en attendant que le transfert d?une partie des ordures se fasse au Centre D?enfouissement Technique (CET) de Mare-Chicose.

?Il faut faire avec? répond-t-il aux habitants angoissés face au chikungunya.Ramesh Basenoo déplore l?attitude de certains commerçants qui ont les moyens d?importer des articles électroménagers mais qui refusent de déposer les boîtes en carton qui servent d?emballage au CET, ?Ces personnes ne nous aident pas dans notre tâche. Il faut qu?il y ait un changement de mentalité ?.

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