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Sale temps pour le pays

5 mars 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On nous annonçait une pluie d?étoiles. Outre la pluie et les étoiles bollywoodiennes, on a eu droit à un invité inattendu : Diwa. Le premier cyclone de cette année arrive alors que le pays lutte contre la progression du virus du chikungunya. Les rafales peuvent balayer les moustiques « Aedes albopictus » mais les eaux de pluie et les décombres seront, aussitôt Diwa parti, des conditions idéales pour la reproduction en masse des vecteurs de la maladie.

Le tourisme mesure aujourd?hui les dégâts que provoque le chikungunya. Et les annulations ne font que commencer. La France, notre principal marché, est désormais frileuse, après les cas recensés en Hexagone. Les médias étrangers n?arrangent guère la situation : pour eux, l?amalgame est facile entre La Réunion et Maurice. C?est à nous de démontrer la différence. Les hôteliers ont compris qu?il leur faut aider les autorités dans ce combat national.

La bataille, pour redonner du soleil à notre industrie touristique, ne se joue pas que dans nos arrière-cours. La semaine prochaine, une délégation mauricienne aura la lourde tâche de vendre notre destination lors du Salon international du Tourisme de Berlin. Quelques jours plus tard, c?est à Cannes qu?une autre délégation tentera de vanter les atouts du pays. Pendant ce temps, une guéguerre anime l?opposition jusqu?ici silencieuse, pour ne pas dire stérile. Dans ce climat difficile pour le pays tout entier, Paul Bérenger décide d?abandonner son poste de leader de l?opposition. Il n?a pas du tout apprécié que le leader du MSM décide de faire cavalier seul lors du meeting du? 1er mai.

En « colère », il annonce son désir de démissionner de son poste constitutionnel. Il dit être un homme de principe, qui réalise aujourd?hui qu?il ne commande plus la majorité au sein de l?opposition parlementaire. Mais justement pourquoi aujourd?hui, alors qu?on lutte, tant bien que mal, contre un quatrième choc ? Pourtant le leader de l?opposition a toujours été en minorité lors de cette présente législature. Au départ, le MMM comptait 11 députés. Et puis Guimbeau s?en est allé rejoindre les Bleus. Et l?équipe menée par Bérenger s?est retrouvée à dix, mais le leader de l?opposition n?a jamais manifesté le moindre besoin de « step down ». Jusqu?à hier?

À trois semaines de la rentrée parlementaire, on aurait attendu un comportement plus responsable de la part de notre opposition. Triste est de constater qu?ils ont d?autres préoccupations. Le MSM est pris de court par le « move », calculé ou pas ? c?est le cadet des soucis actuels du pays ? de Bérenger. Pravind Jugnauth, hors du Parlement, est pris dans un cyclone, un « engrenage » de tous ses malheurs. Quoi qu?il décide, son parti risque de se fissurer. Une aile, courtisée par les Mauves, pourrait abandonner le navire MSM, qui continue à prendre eau de toutes parts.

Le troisième parti de l?opposition est une illustration d?une politique égoïstement politicienne. Plus occupé à ?uvrer pour son propre devenir, le coq veut rentrer au gouvernement, quitte à picorer à côté du cheval de Xavier Duval. Maurice Allet évoque ces jours-ci un besoin d?un gouvernement d?unité nationale. Et quid de ce front uni de l?opposition qu?on nous avait présenté en juillet 2005 ? C?est vraiment un sale temps pour Maurice. Alors que le combat aurait dû être national, l?opposition prolifère de déserteurs. Ce sont des déserteurs contre-saison.

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