Publicité

Les hôpitaux bravent l?épidémie

5 mars 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le mot a été lâché par les experts de l?Organisation mondiale de la santé cette semaine : il y a bien un début d?épidémie de chikungunya à Maurice. Lors de ces situations de crise, la question de la capacité d?accueil et de traitement des services hospitaliers se pose immédiatement. Mais étonnamment, une certaine sérénité plane du côté des principaux hôpitaux du pays mais aussi au ministère de la Santé. Est-elle feinte ou justifiée ?

Ce que l?on sait, c?est qu?à la fin de la semaine le pays a connu 1 467 cas confirmés de la maladie traitée dans les hôpitaux et cliniques privées. Les autorités demeurent toutefois peu loquaces sur le nombre de malades qui ont dû être hospitalisés. Certains hôpitaux jouent toutefois la transparence. Ainsi, on apprend qu?à l?hôpital Jeetoo de Port-Louis, sur 56 malades diagnostiqués avec la maladie, seuls 12 ont dû être hospitalisés. Impossible de connaître les chiffres des hôpitaux?

Depuis quelques jours déjà, l?inquiétude semble enfler. Les services de casualty des hôpitaux étaient pris d?assaut et les comptes rendus les plus alarmistes ont affirmé que nos hôpitaux étaient débordés. À celui de Candos, environ 800 personnes visitent le casualty par jour en temps normal.

La crainte du « worst case scenario »

Mais récemment, des pics de 1 200 personnes ont pu être enregistrés. Le ministère de la Santé n?a pas été en mesure de nous fournir les chiffres nationaux. Mais il semble qu?en moyenne durant les jours de panique, l?affluence ait augmenté de 40 % dans les casualties.

Mais la pression semble retomber. C?est une mini-vague de panique qui s?estompe. « Ena boukou dimounn kouma gaign enn ti lafiev ek inpe douler finn vinn lopital. Letan normal sa bann mem dimounn la ti pou res lakaz ou al rod enn panadol dan lafarmasi », explique un infirmier de l?hôpital du Nord. La situation semble effectivement revenir à la normale dans nos hôpitaux.

Lors de nos visites des casualties des hôpitaux de Candos et de Pample-mousses cette semaine, le personnel ne semblait pas particulièrement débordé par l?affluence jugée légèrement supérieure à la normale.

« Nous avons des structures bien rodées, les médecins et laborantins sont aguerris à des situations difficiles. Les centres de santé et les hôpitaux ont une bonne capacité d?accueil », assure le docteur Romesh Munbodh, Principal Medical Officer du ministère de la Santé.

Mais c?est la crainte du worst case scenario qui alimente les cauchemars des plus pessimistes d?entre nous. Ceux qui croient que le Chikungunya va se propager davantage en contaminant peut-être deux à trois fois plus de personnes qu?à l?heure actuelle. Nécessitant, dans ce cas, l?hospitalisation d?un millier de personnes. Où trouver les lits, le personnel soignant et l?espace suffisant ?

Le directeur de l?hôpital Jeetoo, le docteur Satish Gowry élimine cette possibilité. Mais estime néanmoins que le pays dispose d?infrastructures suffisantes. « Nous avons les hôpitaux, l?apport des cliniques prouvées. Le personnel médical est aguerri et acquiert, avec chaque jour qui passe, plus de maîtrise dans le traitement de la maladie ». Son homologue de l?hôpital Victoria, Dr Gurudeo Bauljeewan pense, lui, qu?une partie de l?hôpital pourrait, si la situation l?exige, être dédiée entièrement au traitement des cas difficiles de la maladie.

« Mais nous ne sommes pas dans une situation d?épidémie. Nous maîtrisons », reprennent en ch?ur nos interlocuteurs. Voyons la suite?

Publicité