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Une industrie qui cartonne
Les Mauriciens sont plutôt des cinéphiles moyens. Avec une trentaine de films indiens projetés par an dans les 12 salles, ce sont environ 6 à 8 000 tickets d?entrées qui sont vendus. Seuls les grosses productions comme Main Hoon Naa, sorti en salles en 2004, Bewafaa, Waqt et Lucky sortis en 2005, ont su attirer la grande foule. Pour Main Hoon Naa, certaines salles ont proposé plusieurs séances jusqu?à 2 heures du matin.
« En important un film, on joue un peu à la loterie. Nous n?avons jamais l?occasion de visionner la bande avant de l?acheter. Et de ce fait, il est impossible de savoir d?avance si le long métrage plaira aux cinéphiles ou pas », indique Sunil Gopee, directeur d?Original Worldwide Movies, importateur et distributeur de films. Pas tout à fait d?accord. Dans le milieu cinématographique, c?est un fait connu qu?un film surfera sur la vague du succès s?il comprend deux ingrédients essentiels. On mise sur les deux « S » pour s?en mettre plein les poches : Sex et Shah Rukh Khan.
Mais, Paheli est l?exception qui confirme la règle. Après deux semaines de projection, les importateurs et distributeurs ont vite fait de déchanter. Malgré une distribution de rêve, Shah Rukh Khan et Rani Mukherjee, le film qui raconte une histoire d?amour entre un fantôme et une jeune femme, n?a pas su conquérir le c?ur des cinéphiles.
« Il faut dire que le film a été projeté pendant la période électorale. Les gens n?avaient pas la tête à ça. » Mais une vague de changement souffle sur la distribution indienne.
Des importateurs mauriciens ont été invités à l?avant-première de Krish en juin, la suite de Koi Mil Gaya, qui réunit Hrithik Roshan et Priyanka Chopra.
Bollywood a su conquérir les salles qui ne jouaient traditionnellement que des films américains et européens. À l?instar des cinémas Star au Caudan Waterfront. « Depuis deux ans, nous projetons des films indiens certes mais uniquement les blockbusters sous-titrés en français, tout simplement parce que cela remplit nos salles. De plus, je trouve que nos salles sont appropriées pour jouer ces superproductions bollywoodiennes car elles répondent à des normes de qualité et de confort », indique la direction des cinémas Star.
Ainsi, cinq à six films sont projetés à Star. La meilleure entrée en 2002 avec 17 150 tickets vendus demeure sans conteste Devdas de Sanjay Leela Bhansali, (avec Shah Rukh Khan, Aishwarya Rai, Madhuri Dixit). Joué pendant deux semaines à raison de cinq séances par jour où 90 % des séances étaient pleines, le film a réalisé une recette de Rs 1,5 million. Basé sur un roman bengali classique, Devdas conte l?histoire d?un jeune homme déchiré entre la femme qu?il aime et une prostituée et qui sombre dans la boisson et le désespoir. L?histoire a fait l?objet de nombreuses adaptations cinématographiques mais celle de 2002 a été de loin la plus réussie.
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Plusieurs autres films ont cartonné dans le monde et à Maurice. Pour citer les plus connus, Lagaan ou Devdas. Ainsi les films indiens s?immiscent petit à petit dans le monde des cinéphiles européens mais aussi au Moyen-Orient, au Maghreb et en Égypte, dans les pays du Sud-Est asiatique ainsi que le Japon. À Maurice les grosses recettes commerciales de 2005 sont Dosti, No Entry, Maine Pyaar Kyon Kiya, Garam Masala?
Les opérateurs dans ce secteur souhaitent des retombées positives des Oscars de Bollywood en termes de promotion d?image et de tournage de films. « Maurice va certainement bénéficier de toute la publicité qu?il y aura autour de cet événement », affirme Sly Bhunjun, d?Island Filmworks. Sa compagnie, qui offre toute la logistique nécessaire aux équipes de tournage indiennes à Maurice, brasse des millions de roupies à chaque tournage. « Une équipe de tournage qui passe en moyenne une dizaine de jours à Maurice dépense Rs 1,5 à 2 millions », estime-t-il.
On est bien loin des grosses productions comme Armaan avec Amitabh Bacchan, Aamir Khan et Preity Zinta qui a nécessité Rs 8 millions pour son tournage à Maurice. Kuch Kuch Hota Hain a amené quant à lui Rs 10 millions. « Ce genre d?événement peut attirer davantage d?équipes de tournage de ce calibre. » En tout cas, les Indiens ne sont plus les seuls à s?intéresser à Maurice. Film Ink UK, une société anglaise, projette de mettre sur pied un vaste studio de production de films à Maurice qui s?appellera Mauritius Film City. On pourrait alors aspirer à la naissance d?une industrie cinématographique.
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