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Un accord historique entre l?Inde et les États-Unis

5 mars 2006, 00:00

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L?Inde et les États-Unis ont conclu un accord historique de coopération nucléaire civile, a annoncé, le 2 mars, le conseiller indien à la sécurité nationale, M. K. Narayanan, à l?occasion de la visite à New Delhi du président américain, George W. Bush.

« C?est fait », a dit M. Narayanan, qui était interrogé par la presse sur le point de savoir si l?accord, dont la conclusion est restée incertaine jusqu?au bout, avait été conclu.

L?accord conclu à l?occasion de la première visite en Inde de M. Bush est historique et scelle le récent rapprochement entre les deux pays. S?il est accepté par le Congrès américain, il doit permettre à l?Inde d?obtenir du combustible ainsi que des réacteurs à des fins civiles des États-Unis et peut-être d?autres pays. Les États-Unis pourraient pour leur part remporter pour 20 milliards de dollars de contrats.

Le point culminant d?un rapprochement

L?Inde, puissance nucléaire déclarée depuis 1998 (après un premier essai en 1974), n?a jamais signé le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ce qui lui interdit une coopération avec les pays membres du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG).

Le projet d?accord élaboré en juillet 2005 à Washington prévoit que l?Inde dissocie ses installations nucléaires civiles des installations militaires et qu?elle les place sous contrôle de l?Agence internationale de l?énergie atomique (AIEA). En échange, le président Bush s?était engagé à ?uvrer en faveur d?une reprise de la coopération nucléaire civile avec les États-Unis et à convaincre les autres pays du Groupe des fournisseurs nucléaires de faire de même.

La visite de M. Bush, également axée sur un renforcement des échanges commerciaux, est considérée comme le point culminant du récent rapprochement indo-américain.

« Je ne suis jamais venu en Inde avant et j?attendais depuis longtemps de faire ce voyage », a-t-il dit lors de la cérémonie d?accueil au palais présidentiel, espérant « développer une relation très importante » avec les dirigeants indiens.

Cependant, cette première visite a été marquée mercredi, avant même son arrivée, par la manifestation d?au moins 50 000 opposants à l?appel d?une organisation musulmane. Les communistes s?apprêtaient à faire de même jeudi, alors que, selon un sondage réalisé par le Hindustan Times, seuls 45 % des Indiens considèrent M. Bush comme un ami de l?Inde. D?importantes forces de sécurité ont été déployées dans la capitale de l?Union indienne à l?occasion de la visite.

■ @ 2 006 Le Monde ? AFP ? (Distribué par The New York Times Syndicate)

Une « dissuasion minimum crédible »

Proposée par le Conseil national de sécurité en août 1999, la doctrine nucléaire indienne repose sur le principe d?« une dissuasion minimum crédible ». Comme l?Inde s?est engagée à ne pas employer l?arme nucléaire en premier, le texte souligne la nécessité d?avoir des forces nucléaires capables d?encaisser une première frappe et d?y répondre de façon à « infliger des dégâts intolérables à l?agresseur ». Le texte précise que « ce concept est évolutif, lié à l?environnement stratégique, aux impératifs technologiques et aux besoins de la sécurité nationale. La taille, les composantes, le déploiement et l?emploi des forces nucléaires seront décidés à la lumière de ces facteurs et l?Inde n?acceptera aucune restriction dans sa capacité de recherche et de développement ».

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