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Les idées reçues

4 mars 2006, 00:00

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par Nazim ESOOF

Les aficionados de la chose politique doivent se réjouir de la tournure des événements au sein de l?opposition. Après des mois de calme plat, les intempéries politiques raniment le ciel de la cité des palabres. Paul Bérenger veut céder sa place de leader de l?opposition. Des faucons du MSM lorgneraient ce poste. Et le leader du MSM semble être pris dans un piège. Sans oublier enfin le PMSD de Maurice Allet qui convoite ouvertement une place dans les travées gouvernementales. Bref, il ne s?est pas écoulé un an depuis les dernières législatives qu?on se met, de part et d?autre, à souhaiter un réagencement de l?échiquier.

Pour ne pas changer les choses, dans ce méli-mélo des partis de l?opposition, on veut voir d?un côté les méchants et, de l?autre, les bons. Ainsi, dépendant de l?angle qu?on choisit, ce sont Paul Bérenger et Pravind Jugnauth qui se partagent les rôles. On est bien là dans ces psychodrames dont raffolent les Mauriciens. Mais soyons sérieux ! Nous le savons tous : les alliances et mésalliances se font et se défont à la veille des élections. Entre-temps, on n?a droit qu?à des péripéties de boulevard. Ce qu?ont on ne peut même pas se permettre ces temps-ci. Il y a un temps pour la politique et un temps pour travailler pour le pays. Actuellement, nous sommes surtout au temps de la réflexion et de l?action en faveur d?un pays qui suffoque. Même lorsqu?on se trouve au sein de l?opposition, parlementaire et extra-parlementaire, on peut faire ce travail !

Le travail, ce n?est pas ce qui inspire tout le monde. Malheureusement. Et il faut être honnête et l?admettre. Certains d?entre nous peuvent grossir les salles d?attente des hôpitaux rien que pour obtenir un congé maladie. Encore une fois, on doit se garder de tout manichéisme. Nos services hospitaliers souffrent de nombreuses carences comme tous les services publics. Mais il serait trop facile de leur jeter la pierre. Chaque Mauricien peut contribuer, de manière directe et indirecte, à combattre le chikungunya. C?est notre responsabilité citoyenne. Ce serait la preuve de notre maturité personnelle.

Parlant de maturité, on ne peut passer sous silence le plan stratégique 2006-2015 de l?université de Maurice. Après avoir été réduit à une simple institution académique poussant les étudiants à reproduire les réflexes d?apprentissage intériorisés durant le HSC, l?université de Maurice pourrait enfin retrouver le sens propre aux institutions supérieures, avec un accent prononcé sur la recherche. Dans un pays où toutes les approximations sont permises, où les clichés ont force de sagesse morale, la recherche fonctionnelle serait le moyen approprié pour remettre les amateurs et les pseudo-docteurs ès à leur place.

L?île Maurice ne peut plus, en effet, se permettre le luxe d?ériger en modèles de réussite quelques individus dont le seul mérite est d?étaler un savoir encyclopédique et de savoir cirer les pompes des gouvernants du jour. C?est une race qui n?arrête pas de proliférer dans ce pays, investissant les postes de prestige et assommant le public de lieux communs. Les politiciens s?en accommodent bien parce que ce sont des individus qui sont prioritairement des béni-oui-oui.

Il y a tant de thèmes et d?enjeux comme ceux-là où les positions trop tranchées ne servent pas la cause d?un débat sain. C?est le cas, par exemple, de la lutte anti-piratage. C?est aussi le cas du débat sur l?éducation. Sauf que, là, la rationalisation nécessaire pour éviter les dérapages que réclame le gouvernement n?est qu?un leurre. On ne peut appeler à la raison lorsqu?on procède allègrement au tronçonnage académique d?une majorité de nos enfants.

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