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Le monde de Narnia

3 mars 2006, 00:00

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C S. Lewis (1898 -1963), auteur des Chroniques de Narnia, et J R R. Tolkien (1892 -1973), auteur du Seigneur des Anneaux, étaient contemporains, tous deux Britanniques et enseignaient tous les deux à l?université d?Oxford. Ils étaient surtout les meilleurs amis du monde, passant la plus grande partie de leur temps libre au pub à vider des chopes de bière, à fumer leurs pipes et à échanger leurs idées sur les mondes imaginaires qu?ils s?étaient créés.

Il ne faut donc pas s?étonner de certaines similitudes que présente ce premier volume du Monde de Narnia avec la trilogie des Anneaux. Il ne faut pas s?étonner non plus des références directes au christianisme dans ce film; l??uvre de C S. Lewis en regorge, tout comme elle est teintée de racisme. Fervent chrétien, l?auteur est toujours perçu par beaucoup comme étant le plus grand porte-parole du christianisme au XXe siècle. Sans compter que l?époque de sa jeunesse était encore celle d?un empire britannique à son apogée apportant les ?lumières? d?une chrétienté musclée à des peuples jugés inférieurs.

Dans une des déclarations les plus célèbres, Lewis aurait proclamé son refus d?une adaptation au cinéma de n?importe lequel des sept volumes des Chroniques de Narnia. Il craignait que les scènes animalières ne soient transformées soit en ?bouffonnerie? ou en ?cauchemar?. C?était en 1959. L?imagerie numérique fait qu?aujourd?hui le réalisateur Andrew Adamson peut faire défiler sur l?écran faunes, centaures, etc. Aslan le lion n?a rien d?un Roi Lion tout en artifices, il n?a pas grand-chose en commun avec les lions des documentaires non plus. Il est encore plus beau et très digne de sa personne aussi, avec, dans ses manières, quelque chose qui donne à croire qu?il aurait avalé un archevêque. Lorsque le lion parle, ce sont tous les muscles de son corps qui accompagnent son élocution ; ce qui lui confère un très haut degré de réalisme.

Auteur des Shrek 1 et 2, Andrew Adamson a déjà démontré à la fois qu?il était à l?aise dans le domaine féerique et qu?il savait faire évoluer des personnages virtuels. Il est tout aussi capable ici de diriger des acteurs en chair et en os, surtout un quatuor de jeunes et de très jeunes acteurs, tous très doués, et cela d?une manière très efficace. Ce qui est d?un apport non négligeable lorsqu?on est chargé de faire un film de 140 minutes d?un roman pour enfants. Roman qui, tout chef-d??uvre qu?il soit, est quand même assez mince tant de par son nombre de pages que de par sa substance.

Il y a eu quelques additions au récit (travail des scénaristes) qui sont loin d?être superflues. Mais, si, dans Le Monde de Narnia, les épisodes du livre sont fidèlement reproduits, ils sont aussi étoffés, la plupart du temps par des effets de réalisation qui sont efficaces. Qu?il s?agisse d?un simple échange de regards ou d?une vue sur un paysage magnifique, ces effets apportent généralement un plus au récit. S?il vivait encore, C S. Lewis aurait pulvérisé l?embout de sa pipe entre ses molaires, rien qu?en voyant la bataille finale. Mais, il faut bien admettre que celle-ci est spectaculaire avec des effets spéciaux judicieusement utilisés et qu?elle peut être vue en famille. Pour une fois qu?un écrivain anglais est bien servi par un réalisateur hollywoodien, il serait malséant de rechigner.

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